Congrès d’UD

FO poursuit son développement dans le Val d’Oise

, Valérie Forgeront

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Plus de 200 délégués représentant cinquante-cinq syndicats du département se sont réunis les 5 et 6 novembre à Saint Ouen l’Aumône pour le XIe congrès de l’union départementale FO du Val d’Oise.

Placé sous la présidence du secrétaire confédéral Patrick Privat, le congrès a réélu Vincent Vilpasteur pour un deuxième mandat de secrétaire général de l’UD FO. Le rapport d’activité de l’Union départementale a été adopté à l’unanimité.

Aux thèmes « nationaux » abordés au fil des seize interventions à la tribune, les militants FO ont ajouté l’évocation de « la situation difficile vécue par les salariés du département » indique Vincent Vilpasteur.

Dans la résolution générale, adoptée à l’unanimité, les congressistes soulignent ainsi que « depuis le dernier congrès de l’UD FO en 2012, la situation s’est considérablement dégradée allant jusqu’à remettre en cause les bases de la République, au travers d’une politique d’austérité qui se concentre, notamment, dans les dispositifs : pacte de responsabilité, lois de finances (diminution des budgets des services de l’État, des hôpitaux, des collectivités territoriales et de la sécurité sociale de 1945 ».

Le congrès a fustigé le plan d’économie de 50 milliards qui offrira « 41 milliards au patronat » d’ici 2017. « Quant au CICE, il n’a pas amélioré l’emploi » ont souligné les militants FO contestant une réforme territoriale qui « démantèle les services publics entraînant des effets catastrophiques tant pour les usagers que pour les agents de ses services et les collectivités qui doivent suppléer le désengagement de l’État, tout en subissant d’importantes baisses de dotation ».

Construire la mobilisation

Pour l’ensemble des secteurs professionnels du département « cela se traduit par les mêmes effets : licenciements, augmentation du travail précaire, blocage des salaires, remise en cause des droits collectifs ».

Le congrès a ainsi décidé sur la base de la résolution adoptée par le comité confédéral national du 8 octobre dernier de mandater « la commission exécutive de l’UD afin de tout mettre en œuvre pour parvenir dans l’unité à la réussite » d’une grève interprofessionnelle.

Le Val d’Oise qui compte 10,1% de chômeurs et dont le tissu économique est principalement constitué de TPE et PME souffre comme d’autres de la perte des emplois, publics ou privés.

La sous-préfecture de Pontoise fermera ainsi ses portes en 2016. Quatre trésoreries (Beauchamp, Saint-Leu, Viarmes, Argenteuil) seront elle bientôt supprimées.

« Pratiquement un quart des effectifs des services de finances publiques (DGFIP) ont été supprimés depuis 2006/2007 dans le Val d’Oise. Depuis 2014, cinquante postes ont été perdus ».

De leur côté, les hôpitaux de Gonesse, Pontoise, Eaubonne et Argenteuil pourraient bientôt faire l’objet de fusions à travers le regroupement de pôles hospitaliers…

Nouvelles implantations pour FO

A ces soucis portant sur le secteur public explique Vincent Vilpasteur, il faut ajouter les inquiétudes des salariés du privé. En effet indique le secrétaire général de l’UD-FO, si le secteur industriel aéronautique (Alcoa/aluminium ; Lisi Aérospace…) ne pose pas de problème pour l’instant au plan des emplois, d’autres secteurs en revanche mettent à mal leurs effectifs.

Chez 3M (fabrication de scotch) à Beauchamp par exemple, les salariés vivent depuis des années au rythme des plans de départs volontaires. En 1970, l’entreprise comptait 1 500 salariés, aujourd’hui elle n’en compte plus que 300. Parallèlement, elle a délocalisé nombre de ses activités en Pologne ou encore en Turquie.

Un plan de fermeture est programmé concernant le fabricant de pièces détachées Renault à Eragny s’insurge encore Vincent Vilpasteur. Déjà, l’entreprise est passée d’un effectif de 1 500 salariés il y a quatre/cinq ans à environ 300 aujourd’hui.

Malgré ces situations difficiles, FO poursuit son développement en Val d’Oise. Ainsi depuis 2012, vingt-deux syndicats FO se sont créés dans le secteur privé et quinze syndicats ou sections se sont implantés dans le secteur public, particulièrement chez les communaux.

L’organisation a confirmé aussi par ailleurs la force de sa présence dans de nombreuses entreprises.

FO est ainsi majoritaire chez le transporteur Norbert Dentresangle à Bruyères/Oise. Chez 3M, FO a remporté 80% des voix au 1er collège et 65% au second collège lors des élections professionnelles de 2013. Chez Stivo (Transport urbain), FO est depuis 2014 la 2e organisation avec plus de 26% des voix, chez Carrefour à Montigny, FO est en tête et a encore progressé en 2014…

Il s’agit de « renforcer notre organisation » car cela constitue « le point d’appui à l’ensemble de la classe ouvrière pour résister et mettre un coup d’arrêt à l’austérité » insistaient déjà les militants FO du Val d’Oise lors du précédent congrès en 2012.


Voir en ligne : UD FO Val-d’Oise