Emploi et salaires

FO revendique un plan de sauvetage pour les salariés de la banque Monte Paschi

, Clarisse Josselin

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La banque italienne Monte Paschi, soumise à un plan de restructuration, va se dessaisir de sa filiale française. La fédération FO banques craint pour le devenir des 275 salariés. Elle a écrit le 13 juillet à Emmanuel Macron pour l’alerter et éviter la casse sociale.

La plus ancienne banque commerciale du monde est en voie d’être sauvée, mais les salariés vont en payer le prix. La Monte dei Paschi di Siena, fondée en 1472, est la quatrième banque italienne. Confrontée à des pertes financières depuis plusieurs années et au bord de la faillite, elle vient d’être renflouée par l’État italien. La Commission européenne a donné son feu vert le 4 juillet à cette « recapitalisation préventive », mais en échange d’un plan de restructuration drastique.

Ce plan a été dévoilé le 5 juillet. Il prévoit, en Italie, la fermeture de près d’un tiers des agences et la suppression de 20% des emplois d’ici à 2021. La banque va aussi se dessaisir de ses deux filiales étrangères, en France et en Belgique. Dans l’Hexagone, Monte Paschi Banque SA possède une vingtaine d’agences, où elle emploie 275 salariés. La fédération FO Banques et la section FO de l’enseigne s’inquiètent pour leur devenir.

Bonus, stock-options et golden parachutes pour les dirigeants

« Soit il y a un repreneur et le réseau pourrait être vendu au plus offrant, avec le risque d’être désossé, soit il n’y a pas de repreneur et ça ferme, synthétise Sébastien Busiris, responsable de FO Banques. Ces 275 salariés ne savent pas ce qu’ils vont devenir. La fermeture de trois agences a déjà été annoncée. »

Pour la fédération FO Banques, ce n’est pas aux salariés de payer la note du plan de sauvetage de Monte Paschi. « Ce sont les égarements des dirigeants qui ont, eux, touché : bonus, stock-options et golden parachutes qui ont amené à cette impasse. Ce serait donc à eux de payer la note  », insiste Sébastien Busiris dans un communiqué daté du 17 juillet.

FO demande un cahier des charges social pour le repreneur

Le 13 juillet, il a envoyé un courrier à Emmanuel Macron pour le sensibiliser sur ce dossier et obtenir des engagements de l’État. Il demande la mise en place d’un « plan de sauvetage  » pour les salariés. Il souhaite qu’en cas de cession, un cahier des charges social soit fixé avec le repreneur pour assurer la pérennité de l’emploi. Ce dernier devrait prévoir le maintien des agences pendant au moins cinq ans, ou, dans le cas contraire, le reclassement des salariés au sein du groupe repreneur.

« La bonne santé des banques françaises ajoutée à une volonté des banques de préserver l’emploi en France doit permettre, si tout le monde joue le jeu, d’éviter une casse sociale qui semble pourtant se dessiner si personne ne s’en préoccupe », poursuit Sébastien Busiris dans son courrier au président de la République.

Il estime qu’en échange du versement du CICE et du pacte de responsabilité, le gouvernement peut exiger un effort des banques. « Toutes les banques françaises ont les moyens de racheter le réseau d’agences de Monte Paschi », précise-t-il.

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