Communiqué de FO

FONGECIF : que le gouvernement assume ses choix !

, Michel Beaugas, Pascal Pavageau

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© Pascal SITTLER/REA

Force Ouvrière rappelle sa ferme opposition à la réforme annoncée de la formation professionnelle et de l’apprentissage, qui dans sa dernière mouture prévoit notamment la suppression du Congé Individuel de Formation (CIF) et le retrait aux Fonds de Gestion des Congés Individuels de Formation (FONGECIF) de leurs missions d’opérateur de droit pour le Conseil en Evolution Professionnelle (CEP) des salariés.

Menacer directement l’existence des FONGECIF aura un impact négatif sur plus d’un millier de salariés, dont la moitié serait menacée par des mesures de licenciement. Force Ouvrière rappelle son soutien plein et entier à l’ensemble des personnels concernés et condamne une démarche qui, sous couvert de donner à chacun la liberté de choisir son avenir professionnel, se solde par des destructions d’emplois.

Force Ouvrière revendique par ailleurs, comme cela a été fait devant la Commission des affaires sociales de l’Assemblée Nationale, la création d’une commission paritaire au sein de France compétences chargée de gérer le CEP et le CPF de transition professionnelle pour les salariés en activité et les salariés démissionnaires, dont les déclinaisons régionales regrouperaient les Comités Paritaires Interprofessionnels Régionaux pour l’Emploi et la Formation (COPAREF) et les FONGECIF.

Enfin, Force Ouvrière condamne l’attitude du gouvernement qui, au-delà de son mépris à l’égard des organisations syndicales en refusant de reconnaître le rôle qui est le leur, fait preuve d’une mauvaise foi non dissimulée. Alors que FO s’est efforcée, durant la négociation de l’ANI, de conserver les droits issus du CIF dans un nouveau dispositif, à savoir le CPF de transition professionnelle et dont les FONGECIF devaient être le réceptacle naturel, l’exécutif a refusé d’inscrire cette disposition dans le projet de loi. Au-delà de s’abaisser à un syndicalisme bashing en renvoyant aux organisations syndicales la responsabilité des licenciements potentiels dans les FONGECIF, il incombe au gouvernement d’offrir à ces femmes et ces hommes la garantie d’un avenir professionnel sécurisé.

A propos de cet article

Sur les auteurs

Pascal Pavageau

SECRETARIAT GENERAL


Marche générale de la Confédération Générale du Travail Force Ouvrière
Organisation dont les Outre-mer
Représentation de la Confédération et expression publique
Relations internationales
Responsable du dialogue social, des relations avec le personnel de la Confédération et des Ressources Humaines
Union Confédérale des Retraités (UCR)


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Michel Beaugas

DEPARTEMENT DE L’EMPLOI ET DE LA FORMATION PROFESSIONNELLE


Assurance chômage
Formation professionnelle continue
Politiques de l’Emploi
Travail temporaire & Travail saisonnier


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Déportation de Maurice Harmel
Force Ouvrière n°26, daté du jeudi 20 juin 1946 Une plume plus qualifiée que la mienne devrait ici rendre hommage à notre camarade Maurice Harmel, mort au camp de Buchenwald. Cependant, je l’ai lu assez souvent pour me permettre de saisir l’occasion de saluer une nouvelle fois sa mémoire, cette (...)

Force Ouvrière n°26, daté du jeudi 20 juin 1946

Une plume plus qualifiée que la mienne devrait ici rendre hommage à notre camarade Maurice Harmel, mort au camp de Buchenwald. Cependant, je l’ai lu assez souvent pour me permettre de saisir l’occasion de saluer une nouvelle fois sa mémoire, cette mémoire restée si vivante dans l’esprit des journalistes du travail et dans celui aussi des militants syndicalistes. Eugène Morel, qui fut son compagnon inséparable, ne manque jamais de rappeler des souvenirs communs, puisant dans une foule d’anecdotes tantôt drôles, tantôt tragiques.

Maurice Harmel fut le premier secrétaire général du Syndicat national confédéré des journalistes, mais comme professionnel tout le monde doit se rappeler la longue et brillante carrière de cet homme qui voua sa vie à l’étude des problèmes du monde moderne. Harmel se passionnait à la défense de la justice sociale, il y consacra le meilleur de lui-même et sa vie. Il faut remonter la longue série d’articles qu’il donna au Peuple pour y découvrir la trame d’une clairvoyance que le événements ne devaient que trop confirmer. C’est sans doute à son désintéressement total que l’homme dut de ne pas errer.

Sous l’Occupation, notre camarade comprit toute la valeur des publications clandestines. Il fut un des principaux rédacteurs de Libération-Nord. Mais, à Force Ouvrière, un titre particulier demeure attaché à son nom. Notre journal est la continuation de Résistance Ouvrière et Maurice Harmel consacra la plus grande partie de son temps à la rédaction et au travail de parution de cet organe clandestin, auquel Saillant et Bothereau collaboraient régulièrement. C’est cette équipe de trois hommes qui fonda, dans les pires moments, Résistance Ouvrière, auquel succède Force Ouvrière, et le nom d’Harmel ne sera oublié de personne d’entre nous.

Nous y revenons aujourd’hui parce que le gouvernement provisoire vient de citer Louis-Antoine Thomas, dit Maurice Harmel, à l’ordre du jour de la Nation.

Maurice Harmel, déporté le 15 août 1944 et mort au début de 1945 dans un kommando de Buchenwald, garda jusqu’au bout un optimisme fondamental en dépit des critiques qu’il adressait aux responsables.

Sa fille, tout inspirée de lui, avec qui je bavardais tout à l’heure, me disait cependant que Maurice Harmel plaçait un autre espoir dans la terrible leçon. Lui aussi serait bien étonné du tour que prennent les choses.

Après avoir prévu et dénoncé tant et tant d’erreurs, il voulait croire à l’efficacité des épreuves. Le gouvernement vient de reconnaître officiellement les mérites d’une vie et d’une mort. Officiellement aussi, ces vies et ces morts doivent conserver une valeur de méditation dont le présent semble avoir bien besoin.
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