Congrès d’UD

Frédéric Nicolas succède à Laurent Bernard en Meurthe-et-Moselle

, Valérie Forgeront

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Quelque 200 militants participaient le 19 octobre à Vandœuvre-lès-Nancy au congrès de l’Union départementale FO de Meurthe-et-Moselle placé sous la présidence du trésorier confédéral, Patrick Privat. Frédéric Nicolas, 47 ans, élu secrétaire général remplace Laurent Bernard.

Réunis le 19 octobre dernier à Vandœuvre-lès-Nancy, 200 militants FO –dont 180 délégués représentant quatre-vingt-dix syndicats du département– ont participé au congrès de l’Union des syndicats FO de Meurthe-et-Moselle.

Placé sous la présidence du trésorier confédéral, Patrick Privat, le congrès de l’Union départementale FO (UD-FO) a été marqué par l’élection d’un nouveau secrétaire général. Frédéric Nicolas, qui était secrétaire général adjoint de l’UD depuis 2011, remplace Laurent Bernard.

Frédéric Nicolas, 47 ans, délégué syndical à l’antenne de la Maif (mutuelle d’assurance des instituteurs de France) basée à Nancy, secrétaire général du syndicat des personnels des assurances de Meurthe-et-Moselle (secteur relevant de la Fédération FO des employés et cadres) et conseiller prud’hommes depuis 2014 prend donc les rênes de l’UD FO.

A la troisième place au plan de la représentativité en Meurthe-et-Moselle, l’organisation FO –qui a créé 17 syndicats sur le département entre 2015 et 2018– compte bien développer encore son audience tant dans le secteur privé qu’au sein du public. Première à l’État, FO est en troisième position en termes de représentativité sur le versant territorial ainsi qu’hospitalier.

Les militants interpellent le chef de l’État

Alors que les élections du 6 décembre (pour certains secteurs le scrutin est ouvert dès le 29 novembre) dans la Fonction publique arrivent à grands pas, les militants FO mènent campagne sur le terrain, diffusent les revendications afin de conforter le vote FO à l’issue de ces élections.

Au cours du congrès –dont la résolution générale a été adoptée à l’unanimité, le rapport de trésorerie à l’unanimité aussi et le rapport moral à l’unanimité moins une abstention– les délégués ont largement évoqué à la tribune (23 interventions) les inquiétudes des salariés du public et du privé vis-à-vis de réformes qui attaquent les droits des travailleurs (loi Travail, projet de réforme des retraites...).

Dans le secteur public souligne le nouveau secrétaire général, certaines réformes ont conduit à rayer de la carte des missions précieuses. Ainsi dans le secteur des finances publiques, une dizaine de trésoreries ont fermé en dix ans et 300 emplois ont été supprimés. Cette année les services des entreprises pour les secteurs de Longwy, Pont-à-Mousson et Toul ferment. En 2020 ou 2021, plusieurs trésoreries vont fermer. Dans sa résolution, le congrès a condamné les attaques contre les services publics quelles que soient leurs formes.

Les délégués ont largement évoqué aussi les deux gros dossiers locaux. La nouvelle menace de suppression de postes et de lits au centre hospitalier régional universitaire de Nancy est l’un des deux dossiers. Le CHRU, en déficit, est menacé d’une suppression de 400 postes et de 120 lits s’insurge Frédéric Nicolas. Il y a quelques années, l’hôpital (qui est le plus gros employeur du département) avait déjà perdu 400 postes. Contestant ce nouveau projet qui attaquerait les moyens de l’hôpital, ses emplois et donc ses missions, les hospitaliers FO de Meurthe-et-Moselle multiplient les actions.

Manifestations, rassemblement devant l’ARS (Agence régionale de santé)… Le 5 novembre dernier, alors que le président de la République était à Pont-à-Mousson, les hospitaliers ont demandé à être reçus. Ils l’ont été, par un conseiller du chef de l’État mais n’ont pas pour autant reçu de réponse rassurante concernant l’avenir du CHRU.

Dans sa résolution générale le congrès a souligné que : Ce n’est pas aux malades et aux agents de faire les frais de cette dette. Le congrès exige la reprise de cette dette par l’état sans suppression de poste. Depuis la mise en place progressive du GHT (groupement hôpitaux de territoire) les hôpitaux groupés subissent de plein fouet les dommages collatéraux de la faillite du CHRU de Nancy. L’ARS leur demande toujours plus d’économie et les subventions sont réduites à peau de chagrin. Ces économies se traduisent par le jumelage de pôle au CPN (Centre Psychothérapique de Nancy), et des réorganisations arbitraires de pôle. Cela aboutit à la fermeture de services et donc à chaque fois à la suppression de postes. L’hôpital public est en danger et risque à moyen terme de devenir une entreprise privée lucrative. Le congrès exige la fin de cette politique de mise en place des déficits et de dépouillement de l’hôpital public.

La croissance de l’intérim

Les délégués FO ont dit aussi leur inquiétude concernant l’avenir de la société SoLocal (ex-pages jaunes) et de ses emplois dans le département. Au plan national, un vaste plan de restructuration assorti de la suppression d’un millier d’emplois a été annoncé par la direction au début 2018. Bilan, des centaines de salariés ont d’ores et déjà quitté l’entreprise via un plan de départs et par ailleurs la tension sociale est au plus haut.

L’agence SoLocal de Nancy où est basé le délégué syndical central FO comptait 196 salariés avant l’annonce du plan. Cinquante sont partis. L’agence devrait a priori être maintenue mais on ne sait rien pour l’instant de l’avenir des emplois explique Frédéric Nicolas.

Plus largement, la situation de l’emploi dans le département est source d’inquiétude précise le nouveau secrétaire général de l’UD FO. La croissance de l’emploi de 0,7% sur un an ne peut faire oublier que les recrutements se font surtout via les contrats précaires, l’intérim (+7,8%). De son côté, l’industrie est en perte de vitesse (notamment dans l’industrie métallurgique et celle du meuble) avec -1,1% d’embauches sur un an.

Le congrès dénonce et combat toutes les politiques gouvernementales qui visent à réduire le coût du travail et à mettre les travailleurs en concurrence. Le congrès revendique que le progrès technique profite aux salariés et non uniquement au capital (révolution 4.0, numérisation, robotisation). Le congrès condamne les temps partiels imposés facteur de précarité, de sous-emplois et de flexibilité.

Longwy est devenue une cité dortoir

Dans ce département qui compte quelques grandes zones d’activités, –tel l’ancien bassin sidérurgique de Longwy ou encore le bassin d’activités tertiaires et de services de Nancy– les salariés sont très inquiets. Longwy est devenue une cité dortoir pour le Luxembourg. L’activité y est pratiquement inexistante et le taux de chômage est important. Les deux pôles d’emplois sont le magasin de grande distribution Auchan et l’hôpital de Mont-Saint-Martin où FO tient la première position en termes de représentativité.

Dans la zone de Nancy, le taux de chômage est légèrement supérieur à la moyenne nationale explique encore le secrétaire général de l’UD FO. L’organisation FO, particulièrement implantée dans les PME du département et le secteur public (notamment chez les territoriaux) doit travailler à se réimplanter dans certaines grandes entreprises. Sur le site d’une filiale de Renault notamment indique Frédéric Nicolas.

A l’UD FO, l’axe de cette mandature qui débute est tout trouvé. Il faut développer l’aide de l’UD à la création de syndicats, les aider pour les négociations. L’union départementale doit être vraiment la ressource pour les syndicats. Il faut aussi développer le volet de la formation et être le moteur du développement de la communication syndicale de FO dans le département.

Le développement au plus près du terrain

Frédéric Nicolas souhaiterait, par ailleurs, que l’UD renoue les liens au plan départemental avec les organisations de jeunesse afin de sensibiliser les étudiants au monde du travail, leur expliquer les revendications de FO. Les étudiants d’aujourd’hui sont les adhérents de demain. L’UD envisage aussi de mettre en place des formations (en lien avec le CFMS) à destination des fonctionnaires afin qu’ils soient mieux armés encore pour combattre les projets de réformes, notamment celles menaçant le statut général de la Fonction publique.

Le développement de l’audience de FO passe aussi par un développement de l’organisation au plus près du terrain, à travers les unions locales (pour l’instant deux existent à Longwy et Lunéville) indique le nouveau secrétaire général de l’UD pour qui il faut relancer l’activité de l’Union locale de Lunéville et créer une troisième UL à Pont-à-Mousson où est implanté notamment un site de Saint-Gobain.

Au menu de ce mandat, l’UD prévoit d’accroître encore la portée de son activité d’accueil juridique même si celle-ci est déjà très reconnue... Si reconnue que la Direccte (direction interministérielle qui regroupe notamment le secteur du Travail et de l’Emploi) qui hélas n’a pas suffisamment de moyens nous envoie des personnes afin que nous les aidions et conseillions !