Gymnase Japy : pour dénoncer les effets de la loi Travail

Meeting par Nadia Djabali

Article publié dans le Dossier Loi Travail
Photographies : F. Blanc (CC-BY-NC 2.0)

Les unions régionales de sept organisations syndicales, dont FO, se sont retrouvées le 30 janvier dans le gymnase parisien. Une rencontre considérée comme un coup d’envoi des nombreuses mobilisations qui jalonneront ce début d’année 2017.

À en croire le nombre de militants présents ce lundi 30 janvier, la revendication n’a rien perdu de son éclat. Devant la halle Japy, un groupe de personnes est en pleine discussion, tandis que d’autres entrent sans tarder dans la salle de sport.

À l’intérieur, un comité d’accueil distribue des drapeaux aux couleurs de FO pour les uns et de la CGT pour les autres. Une fanfare invite à chalouper sur une partition jazz New Orléans. Les rangées de chaises encore vides un quart d’heure plus tôt sont désormais occupées par plusieurs centaines de militants syndicaux. Il est 18h30, le meeting peut commencer.

Reprendre la parole

L’initiative a été portée au niveau régional par les unions Ile-de-France de FO, la CGT, et de la FSU, ainsi que par les organisations étudiantes et lycéennes UNEF, FIDL et UNL. L’objectif : reprendre la parole pour demander l’abrogation de la loi Travail.

Alors que la loi travail commence à se mettre en place dans les entreprises, ce meeting nous permet de dire aux salariés qu’ils peuvent compter sur les organisations syndicales, précise Gabriel Gaudy, de FO Paris. Un avis partagé par son homologue à la CGT, Pascal Joly : Aujourd’hui, les salariés se rendent compte que ce que nous dénonçons depuis plusieurs mois est entrain de se mettre en place.

Pour Clotilde Hauppe, représentante de l’UNEF, l’unité du mouvement syndical tient à cœur à son organisation. Elle considère que la loi Travail aggrave la situation des étudiants, déjà exclus du droit commun de la protection sociale. En moyenne 50% des étudiants d’Ile-de-France sont salariés, avec des pointes qui peuvent monter à 70% comme à Paris VIII (Saint-Denis).

Coup d’envoi des mobilisations

Gabriel Gaudy appréhende ce meeting du 30 janvier comme la poursuite de la manifestation qui a eu lieu plus tôt dans la journée. Quand plusieurs centaines d’adhérents de FO se sont rassemblés devant l’hôtel de ville de Paris pour dénoncer les restructurations et le néo management en vogue dans les services et administrations de la capitale. Également dans la ligne de mire de FO : les douze dimanches travaillés récemment votés par le Conseil de Paris.

Un coup d’envoi, selon le secrétaire général de l’union départementale de Paris, d’une période qui verra de nombreux salariés défendre leur statut et surtout un Code du travail qui fait grise mine. Comme ce 31 janvier 2017, pour les salariés des entreprises électriques et gazières qui seront en grève. Relayés le 1er février par les enseignants et le 7 mars, par les salariés des hôpitaux, de la sécurité sociale et de l’action sociale.

Nadia Djabali Journaliste à L’inFO militante

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