L’égalité femmes-hommes vaut aussi pour les TPE

InFO militante par Prescillia Bourguignon

Article publié dans le cadre de la campagne Election TPE du 22 mars au 6 avril
P.Bourguignon

Jeudi 4 mars, l’actualité était, pour le Secrétaire général Yves Veyrier, l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes. Il était accompagné de Béatrice Clicq, secrétaire confédérale qui a la responsabilité de piloter la politique et l’action FO en la matière. Ils se sont réunis à Chambéry, avec les secrétaires des Unions de la Savoie, Pierre Didio, de l’Isère, Philippe Beaufort et Arnaud Pichot, de Drôme – Ardèche, qui coorganisaient un colloque « Egalité professionnelle ».

Aux journalistes présents, Yves Veyrier a expliqué les 3 raisons pour lesquelles il était en déplacement en Savoie. La première étant la nécessité de débattre avec les syndicats, en direct, sur le terrain, confrontés aux difficultés de la crise sanitaire : restrictions de réunions, de déplacements, difficulté à négocier avec l’employeur en visio… parce que le débat syndical doit pouvoir continuer et l’action syndicale ne doit pas être confinée.

Au cœur de la campagne TPE

La deuxième raison de ce déplacement est la campagne pour l’élection TPE qui aura lieu du 22 mars au 6 avril 2021. Ici, comme partout où il se déplace en ce moment, Yves Veyrier a rappelé la nécessité de mobiliser les adhérents pour faire voter FO. D’autant plus que la difficulté est de toucher les salariés des TPE dont les secteurs principaux : cafés- hôtels, restaurants, culture… inactifs depuis de nombreux mois. Comment atteindre ces salariés, déjà difficile à rencontrer en temps normal mais qui sont plus isolés aujourd’hui ? D’où le cahier des votants et l’application TPE FO sur les smartphones qui doit faciliter la démarche de contacter les salariés des TPE que l’on connaît : salariés des petits commerces, des professions libérales, de l’artisanat, des services à la personne à domicile quand ils sont rémunérés par les particuliers chez qui ils interviennent…

Le droit des femmes ce n’est pas que le 8 mars

Enfin, la troisième raison est celle de l’événement du jour : l’égalité professionnelle et la reconnaissance des droits des femmes, sujets autour desquels l’après-midi s’est organisée. Les droits des femmes et l’égalité sont un combat de tous les jours et pas celui d’un seul, le 8 mars, journée internationale des droits des femmes. Il n’est pas celui des grandes entreprises – où les femmes sont confrontées au plafond de verre, qui symbolise les obstacles auxquelles elles sont plus souvent confrontées pour progresser dans leurs carrières – mais aussi celui des petites et très petites entreprises (TPE). On a beaucoup parlé des deuxièmes lignes, les caissières notamment, les aides à domicile, … très souvent des emplois occupés par des femmes, mais en bas de l’échelle des salaires et des conditions de travail. Reconsidérer et revaloriser ces emplois est un combat mené par FO lancé bien avant la crise sanitaire.

Béatrice Clicq, a mis en exergue quelques points que FO revendique : la nécessité d’agir sur les salaires, notamment par la révision de l’index. Agir également dans la sphère privée en augmentant le congé paternité, par exemple, rendre obligatoire le congé parental de 4 mois aussi bien aux femmes qu’aux hommes ; ainsi les entreprises seraient confrontées potentiellement à une absence longue peu importe le genre de la personne qu’elles embaucheront. Enfin, il faudrait apporter des améliorations dans l’organisation du travail et au niveau des carrières. La secrétaire confédérale notamment en charge de l’égalité professionnelle, a également indiqué que malgré la présence d’un index dans la Fonction publique, il existe malgré tout des inégalités en raison des promotions, du temps de travail (les femmes privilégiant leur vie de famille contrairement aux hommes qui progressent ainsi dans leur carrière plus rapidement). Elle a également insisté sur le fait que de nombreuses entreprises aujourd’hui, obtiennent des bons points et de ce fait ne prennent pas la peine de mettre en place des mesures ou de négocier pour améliorer l’égalité femmes-hommes.

Lors de l’ouverture du colloque, le Secrétaire général, Yves Veyrier a remercié les adhérents ayant participé au projet et a souligné l’importance de passer des discours aux actes (maxime du colloque) : le discours est nécessaire il porte le message mais si l’on s’en tient uniquement aux paroles, le risque est qu’il n’y ait pas de traduction dans les faits, dans les actes. Je souhaite être partie prenante de vos échanges, que l’on tire les leçons de ce que vous avez entrepris directement avec les délégués syndicaux FO, pour en répercuter les bonnes pratiques et les résultats. La question de l’égalité est portée par le syndicat et est intrinsèque au syndicat : à travail égal, le salaire doit être égal, la considération, que l’on soit homme ou femme, doit être la même.

Intervenant durant le colloque, l’économiste, Michel Rocca, a présenté une méthode d’évaluation, d’intervention et d’action pour les syndicats et leurs délégués permettant de détecter et de résorber l’inégalité femmes/hommes au sein de leurs entreprises. Première étape, ne pas se disperser, ou rester sur des généralités mais choisir en priorisant les dimensions de l’inégalité à combattre. Ensuite identifier les situations concrètes et en faire la publicité. Faire comprendre aussi que lutter contre les formes inégalitaires touchant les femmes contribue à améliorer la vie au travail pour l’ensemble des salariés, et non uniquement les femmes. Par exemple, dans les pays nordiques, limiter les horaires des réunions en fin de journée répondait initialement aux difficultés que rencontraient les femmes pour y assister, du fait qu’elles avaient plus souvent la garde des enfants en sortie d’école, mais a finalement bénéficié à tous… et permet aux hommes de prendre eux-mêmes leur part des sorties d’école !

Coloque égalité Femmes-Hommes, Savoie
P.Bourguignon
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