Démographie

L’Insee dresse le portrait de la France du milieu

, Clarisse Josselin

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Dans son « portrait social » de la France paru le 21 novembre 2017, l’Insee s’est penchée sur les ménages à niveau de vie médian, qui se situent au milieu de l’échelle sociale. Cette catégorie très hétérogène représente près d’une personne sur cinq en France métropolitaine.

Ils ne sont ni riches ni pauvres et sont souvent les oubliés des études. L’Insee, institut national de la statistique, offre un éclairage sur les « gens du milieu ». Ce sont les 11,6 millions de personnes dont le niveau de vie se situe entre 1 510 et 1 850 euros nets par mois (en 2014) après impôts et versement des prestations sociales. Concrètement, leur niveau de vie se situe à plus ou moins 10 % de la médiane, qui sépare la population en deux parties égales (cliquez sur le graphique ci-contre). Leur part dans la population a progressé de 1,5 % point en vingt ans.

Lors de la présentation de l’ouvrage devant la presse, les auteurs ont précisé que ces individus ne devaient pas être confondus avec la classe moyenne, catégorie sociale pour laquelle il n’existe pas selon eux de définition consensuelle et qui aurait une amplitude plus large.

Plus de la moitié est en emploi

Alors qui sont-ils ? Pour 38%, ils vivent au sein d’une famille traditionnelle avec enfants mineurs, c’est plus que la moyenne nationale. Suivent les couples de 55 ans ou plus. Seuls 4 % d’entre eux sont en famille monoparentale. Autre caractéristique, ils sont peu diplômés : un quart est sans diplôme et seuls 10 % ont un diplôme supérieur à bac +2.

En matière d’activité, un peu plus de la moitié des personnes vivant dans un ménage médian (54%) est en emploi, ce qui les rapproche de la catégorie des plus aisés. Mais la majorité sont ouvriers ou employés. Seuls 7 % sont cadres. En dix ans, certains métiers se sont rapprochés de la « classe médiane » en s’éloignant des plus aisés. C’est le cas des professions intermédiaires de la fonction publique et des professions de l’information, des arts et des spectacles.

62 % sont propriétaires de leur logement

En terme de revenus, la très grande majorité n’a pas de difficultés à assouvir ses besoins fondamentaux (nourriture, chauffage…). Mais plus d’un ménage sur cinq n’a pas les moyens de partir une semaine en vacances et près d’un sur quatre ne peut pas remplacer ses meubles hors d’usage.

Le montant de leur patrimoine, de 190 000 euros en moyenne, est très variable. Si 10 % des ménages ont un patrimoine moyen de 8 000 euros, ils sont aussi 10 % à avoir un patrimoine de 319 000 euros.

Enfin, les ménages médians sont plus fréquemment propriétaires qu’il y a vingt ans. Ils sont 62 % à posséder leur résidence principale, majoritairement une maison individuelle. Mais avec la hausse des prix de l’immobilier, ils vivent davantage en périphérie des grandes villes qu’auparavant et sont davantage endettés. Enfin, s’ils sont plutôt satisfaits de la vie qu’ils mènent, avec une note moyenne de 7,3 sur 10, les individus de la France du milieu se disent peu optimistes pour l’avenir, avec une note qui chute à 5,2 sur dix.

 

Focus : Les ménages médians moins nombreux outremer
En 2013, dans les quatre départements d’outremer, moins d’une personne sur dix (9%) vit dans un ménage médian, contre 18,7 % en métropole, selon l’Insee. En revanche, 29 % des personnes appartiennent à un ménage pauvre et 23 % à un ménage aisé, soit deux fois plus qu’en métropole. Dans la catégorie médiane, les familles monoparentales sont plus fréquentes, avec un ménage concerné sur cinq. Autres caractéristiques, près de la moitié de ces individus ne possède aucun diplôme ou seulement un certificat d’études primaires. Seuls quatre sur dix sont en emploi et près de deux sur dix sont au chômage.