Congrès

La Fédération du Livre : entre mutation technologique et rapprochement des branches

, Nadia Djabali

Recommander cette page

Arnaud Pichot (Secrétaire général adjoint de FO Livre), Jean-Claude Mailly (Secrétaire général de FO) et Patrice Sacquepee (Secrétaire général de FO Livre) au 15e Congrès de la Fédération du Livre à Paris.

La fédération du Livre est constituée d’une multitude de métiers allant du journaliste à l’imprimeur en passant par le graphisme. Des professions qui payent un lourd tribut à la révolution numérique et à la transformation des modes de diffusion des médias et de la publicité.

Mardi 6 février, la fédération FO du Livre tenait son congrès rue Vergniaud, du côté de la Butte aux Cailles (Paris 13e). Jean-Claude Mailly, présent dans la matinée, a notamment abordé la question de la rupture conventionnelle collective. « On sort les plans de départ volontaires des plans de sauvegarde de l’emploi », a-t-il déploré avant d’ajouter que FO avait alerté le gouvernement qu’il ouvrait une brèche dans laquelle les entreprises allaient s’engouffrer.

Parmi les thèmes évoqués par la résolution votée à l’unanimité : l’inquiétude de FO quant aux conséquences sur l’emploi des regroupements de branches. « Dans la presse, ces regroupements peuvent porter atteinte au pluralisme et à l’indépendance éditoriale des titres ». Le Congrès exige que les salariés soient formés, en priorité à toutes les nouvelles technologies. Ces dernières entraînant des nouveaux modes de diffusion des médias.

« Nous sommes dans une phase de négociation sur le rapprochement des conventions collectives de la presse quotidienne régionale (PQR), la presse quotidienne départementale (PQD) et la presse hebdomadaire régionale (PHR) », expose Patrice Sacquepee, secrétaire général de la fédération FO du Livre. Mais les salariés et les syndicats de la PQR, de la PQD et de la PHR ne sont les seuls concernés par ces regroupements. La branche industries graphiques l’est également. « Un rapprochement de fait est en cours avec celle des imprimeries de labeur, celle de la reliure, brochure, dorure et celle de la sérigraphie, indique la fédération du Livre. Mais d’autres branches sont également sollicitées, celle de la photographie, une partie du papier carton, de la signalétique ou du routage. »

Minimas conventionnels

S’agissant des négociations dans les différentes branches, le climat est loin d’être au beau fixe : aucun accord de revalorisation des salaires pour la PQR et la PQD « Nous sommes toujours confrontés à une volonté des organisations patronales de ne négocier que sur des minimas conventionnels », déplore la fédération.

Côté imprimerie de labeur et reliure brochure dorure, la fédération constate la faiblesse des revalorisations de salaire qui ne prennent pas en compte l’inflation de l’année écoulée. Elle assiste également au développement de l’individualisation des augmentations salariales ainsi qu’à la recrudescence des primes liées aux objectifs.

Autre constat : la remise en cause d’éléments conventionnels comme la brisure, qui est un temps de pause, le calcul des congés payés, l’application des majorations pour heures anormales ou pour heures supplémentaires.

Baisse générale des ventes

C’est dans ce contexte de morosité économique et sociale que s’est donc tenu ce Congrès. Les imprimeries qui n’ont pas réussi à négocier à temps le virage numérique ferment les unes après les autres. Et la presse « papier » française est largement touchée par une baisse générale des ventes. Après la presse nationale, c’est au tour des magazines et de la PQR d’accuser une perte de vitesse.

D’où la nécessité, rappelle la résolution, de poursuivre le développement du syndicalisme libre et indépendant en passant par un effort sans précédent de syndicalisation et par une progression aux élections professionnelles.
L’unanimité a été de mise lors de l’élection du Comité fédéral ainsi que pour la reconduction de Patrice Sacquepee dans son mandat de secrétaire général de la fédération.