Lancement du chantier du « revenu universel d’activité »

Revue de presse par Christophe Chiclet

© Romain GAILLARD/REA

Le 3 juin dernier, le gouvernement a ouvert la réflexion et les concertations en vue de regrouper plusieurs aides sociales. Mais avec qui et quel sera le réel niveau de financement de cette grande réforme. Aperçu dans la presse.

Le Parisien
La ministre des solidarités Agnès Buzyn et sa secrétaire d’État Christelle Dubos ont lancé ce chantier d’ampleur. Annoncée en septembre par Emmanuel Macron, la création du revenu universel, qui se fera à budget constant, doit simplifier le système de versement des aides sociales. Les syndicats seront-ils écoutés ? Une grande concertation, qui réunit à la fois élus départementaux mais aussi associations et syndicats, a débuté ce lundi [3 juin] et va durer plusieurs mois. Elle donnera naissance à un projet de loi en 2020 qui pourrait être appliqué à partir de 2022.

Sud Ouest
La secrétaire d’État, la jeune girondine Christelle Dubos, a été interviewée par le grand quotidien bordelais. Nous souhaitons aussi une concertation citoyenne nécessaire car 15 millions de personnes bénéficient d’aides sociales. Elle doit être exemplaire. Il y aura une consultation en ligne, des échanges au niveau local avec les travailleurs sociaux, les collectivités et les bénéficiaires et des jurys citoyens qui contribueront aussi à la réflexion sur la réforme. Elle ne cite pas les syndicats !

Le Point
L’hebdomadaire se penche sur le coût de l’opération. Un périmètre qui représente tout de même plus de 35 milliards d’euros, dont 18 milliards au titre des allocations logement, 10 milliards au titre du RSA et encore 8 à 9 milliards au titre de la prime d’activité. L’exécutif réfléchit même à en élargir le périmètre en incluant, par exemple, l’allocation adulte handicapé ou le minimum vieillesse.

Le Monde
Sachant que le gouvernement a déjà parlé de « budget constant », le quotidien du soir pose une question primordiale. S’il s’avérait que l’effort financier restait à terme, inchangé, les associations risqueraient de mal le prendre. Depuis des mois, en effet, elles répètent que la refonte des prestations sociales sans coup de pouce budgétaire se traduirait nécessairement par des perdants, car cela reviendrait à redistribuer différemment une enveloppe d’un même montant en donnant plus aux uns et moins aux autres. Plus précisément : Nous avons besoin d’un affichage consistant à dire qu’il n’y aura pas de perdants chez les plus pauvres et que la réforme aura un coût, confie Christophe Devys, président du collectif Alerte qui regroupe plusieurs organisations et mouvements de solidarité.

La Croix
Les sujets en suspens sont nombreux. La question du périmètre des aides retenues est cruciale, explique d’emblée Julien Damon, professeur associé à Sciences Po. Comment, en effet, fusionner le RSA, qui bénéficie aux plus pauvres et atteint 560 euros, la prime d’activité, prestation fiscale qui touche les travailleurs modestes et l’allocation logement, qui concerne aussi les classes moyennes et les étudiants ?Si on aligne tout vers le haut, ça va coûter très cher, si on aligne vers le bas, il y aura forcément des perdants résume Julien Damon. Sans financement important le nouveau RUA risque bien de n’être que de la poudre aux yeux.

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