Le Tour et son vainqueur | Qui gagnera le premier ?

Tour de France 2015

Article publié dans le cadre de la campagne Tour de France 2015
Yves Veyrier - CC BY-NC 2.0

En montant sur le podium du Tour 2014, Jean-Christophe Peraud et Thibaut Pinot ont débarrassé le cyclisme français de ses derniers complexes. Le successeur de Bernard Hinault, dernier vainqueur tricolore de la Grande Boucle en 1985, se trouve forcément parmi le peloton actuel. Mais qui aura ce privilège ?

Pinot a les jambes

Troisième du Tour 2014 à seulement 24 ans, Thibaut Pinot a pris rendez-vous avec l’avenir. Sur le podium, il a certes été devancé par un autre Français, Jean-Christophe Peraud, mais celui-ci, à 38 ans, ne fera sans doute jamais mieux. Pinot, lui, peut se permettre tous les rêves. Dans les Alpes, et surtout dans les Pyrénées, il a rivalisé en montagne avec Vincenzo Nibali. La preuve définitive qu’il fait partie du top mondial des grimpeurs, un statut qu’il s’était déjà construit, dans ses plus jeunes années, en cumulant les honneurs divers : vainqueur d’étape sur le Tour à seulement 22 ans, 4e du Tour de Suisse et 7e du Tour d’Espagne à 23, entre autres. Sur un parcours comme celui de cette année, Pinot est un candidat naturel au podium final du Tour, et donc à la victoire. Mais même sur des parcours moins montagneux, il sera toujours un client. Car s’il est avant tout un grimpeur, il a beaucoup progressé en contre-la-montre, où il se débrouille mieux que la plupart des purs grimpeurs. Et le Tour 2014 a montré qu’il est capable de composer avec les pièges, à condition d’être pleinement concentré sur son objectif. C’est son travers : Pinot s’écroule parfois mentalement. Un défaut qu’il s’efforce de corriger car, sur le seul talent, il est le meilleur candidat français pour ce Tour 2015.


Bardet a la tête

Romain Bardet n’est pas le meilleur grimpeur au monde. Et il a du mal en contre-la-montre. Mais il est probablement l’un des coureurs les plus intelligents du peloton, et il en fait sa force. Le coureur d’AG2R La Mondiale a surpris beaucoup de monde en terminant 6e du Tour l’an passé, à seulement 23 ans. Il y a affiché de remarquables qualités de grimpeur, gardant même le maillot blanc de meilleur jeune un long moment. Si Bardet peut gagner le Tour un jour, c’est en s’inspirant de l’exemple de Vincenzo Nibali. L’an dernier, l’Italien a creusé des écarts de taille dès la première semaine, sur la difficile étape des pavés. Le genre de pièges dont Bardet raffole : le jeune Auvergnat est un amoureux du cyclisme, sous toutes ses formes. Il est donc susceptible de profiter de n’importe quel terrain – des pavés, une descente, une étape vallonnée a priori « anodine » – pour sortir des schémas traditionnels et surprendre ses adversaires. Car, derrière, il a les qualités de grimpeur nécessaires pour tenir la distance en haute montagne. Mais pas forcément celles de rouleur pour exister sur un Tour proposant beaucoup de kilomètres de contre-la-montre. À ce titre, le Tour 2015 semble taillé pour lui...


Rolland a l’expérience

La percée de la jeune génération française aurait presque tendance à faire passer Pierre Rolland pour un « vieux ». Mais le grimpeur d’Europcar n’a que 28 ans. Autrement dit, il est tout pile dans ses meilleures années, celles où il peut espérer remporter le Tour de France. Vainqueur à L’Alpe d’Huez en 2011, puis à La Toussuire en 2012, Rolland a déjà connu d’immenses succès sur la Grande Boucle. Une expérience de poids dont il peut se servir pour désormais viser le graal. Il n’y est pas parvenu l’an dernier, terminant onzième. Mais c’était aussi parce qu’il ressentait la fatigue du Tour d’Italie. Un mal pour un bien : sur le Giro, l’Orléanais a compris qu’il était en mesure de remporter un « grand Tour » en prenant la quatrième place finale, rivalisant parfois en montagne avec le vainqueur, Nairo Quintana en personne. Jusqu’à présent, Rolland a été, à plusieurs reprises, irrésistible en montagne. Mais il lui a toujours manqué la régularité. S’il parvient à résoudre cette équation, il peut lui aussi rêver.


Barguil a la niaque

Et si c’était celui qui ne connaît pas encore le Tour qui le remportait le premier ? À 23 ans à peine, Warren Barguil suscite beaucoup d’espoir sur la planète vélo. Il faut dire que le Breton est précoce. Passé professionnel à 21 ans seulement, dans la foulée de sa victoire sur le Tour de l’Avenir, il s’est déjà fait les dents sur le Tour d’Espagne, où il a montré son sens de la gagne. Pour sa première Vuelta, en 2013, il remporte deux étapes avec un sang-froid de vieux briscard. Puis, un an plus tard, il s’applique à jouer la régularité sur trois semaines pour signer une prometteuse huitième place finale. Excellent grimpeur, jeunesse intrépide, sens de la gagne : Barguil est un cocktail explosif. Il ne gagnera sans doute pas le Tour dès sa première participation, comme Laurent Fignon en son temps. Mais s’il s’adapte vite, il devrait rapidement se faire une place dans le coeur du public. Et ouvertement viser le maillot jaune.

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