Monique : son combat syndical au service du handicap

Entre Militants par Michel Pourcelot, journaliste L’inFO militante

© F. BLANC

La passion de la chimie a amené Monique Surroca, originaire d’un petit village des Pyrénées-Orientales, à s’installer dans la région lyonnaise où elle vit toujours aujourd’hui. C’est là qu’elle a obtenu un DUT et une licence de chimie, avant de faire carrière dans l’industrie pharmaceutique. En 2016, une aggravation des séquelles d’une polio l’a conduite à l’inaptitude. Depuis elle se consacre entièrement à son engagement syndical et plus spécialement à la cause du handicap.

À 62 ans, Monique Surroca a passé toute sa vie professionnelle dans le secteur de la santé animale et des vaccins pour les animaux. Ayant rencontré le syndicalisme très tôt, elle a exercé, en quelque trente-cinq ans, toutes sortes de mandats (DP, CHSCT, CE, déléguée syndicale…). On lui doit l’implantation d’une section FO sur le site de Mérial (géant de la santé animale) à Saint-Priest, en banlieue lyonnaise. Jusque-là FO n’en avait qu’une au siège du groupe, à Lyon.

C’est en suivant l’accord handicap existant chez Mérial que la militante s’est investie dans la cause du handicap. Pour FO, elle a intégré la commission handicap départementale puis, à la confédération, elle a participé à la concertation sur l’offre de service pour l’emploi des personnes handicapées, aux côtés de la conseillère confédérale chargée du handicap, Anne Baltazar. Monique est également membre de la CCIPH, la Commission confédérale pour l’insertion des personnes handicapées. Sur le plan régional, elle souligne qu’il reste beaucoup à faire, notamment sur le volet emploi des personnes handicapées dans le secteur privé : alors qu’il devrait atteindre la règle des 6 % (de l’effectif total de toute entreprise d’au moins 20 salariés), le pourcentage était de 3,9 % en 2018 pour les emplois directs dans la région Rhône-Alpes et même de 3,4 % dans le département du Rhône.

Des situations de handicap croissantes

Pour Monique, malgré le renforcement des obligations d’emploi en janvier dernier, la situation reste difficile. Elle le constate sur le terrain. Concernant le maintien dans l’emploi, elle remarque qu’on se heurte souvent à des problèmes d’accès à la formation, par exemple dans la métallurgie où les situations de handicap se multiplient avec l’âge. Les personnes concernées peinent à se reconvertir correctement. Depuis 2018, elle a un mandat prud’homal en section industrie où pas moins d’un dossier sur quatre concerne l’inaptitude. Ses connaissances y sont fort utiles, tout comme auprès de ses camarades FO souvent un peu démunis face au handicap. D’autant qu’en cette matière, les réformes successives, et en particulier les ordonnances de 2017, ne sont pas toujours très lisibles. Les élus FO ont parfois du mal à s’y retrouver. Avant on essayait de s’occuper des plus fragiles, maintenant on bataille pour maintenir les droits acquis. Les personnes en situation de handicap sont particulièrement impactées par le fait que les licenciements pour inaptitude ont été rendus plus faciles. Si on allonge la durée de travail et donc que l’on aggrave l’usure qui en découlera, on risque d’avoir de plus en plus de cas d’inaptitude et de licenciements de personnes en situation de handicap, s’inquiète
Monique, dont l’expérience est précieuse.

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