Nous sommes désormais en récession

Revue de presse par Christophe Chiclet

Article publié dans le Dossier Coronavirus / Covid19
Ministère de l’Économie. Quartier Bercy © Marta NASCIMENTO/REA

Le gouvernement a officiellement annoncé que le pays était entré en récession, ce qui fait redouter une casse sociale. Aperçu dans la presse.

Les Échos
Le quotidien économique a été un des premiers à rapporter la situation alarmante : Après trois semaines de confinement, l’économie française est à l’arrêt ou presque. Difficile pour les économistes d’évaluer l’impact de la pandémie de coronavirus sur l’activité. Et de détailler la situation en faisant appel à l’histoire : Le chiffre de croissance le plus mauvais qui ait été fait par la France depuis 1945, c’est en 2009, après la crise financière de 2008 : -2,9%. Nous serons vraisemblablement très au-delà des -2,9% cette année. Auditionné ce lundi [6 avril] par les Sénateurs, le ministre de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire, n’a pas caché le cataclysme économique que constituent l’épidémie de coronavirus et le confinement de la population pour tenter de l’enrayer. Il n’est pas le seul à broyer du noir. Les semaines passent et les économistes revoient sensiblement leurs prévisions à la baisse… La plupart des experts anticipent désormais une chute de la richesse nationale comprise entre 5% et 10%, voire au-delà pour les plus pessimistes. Déjà il y a dix jours [27 mars], l’Insee estimait que deux mois de confinement amputait le PIB de six points, ce qui représente un coût de 75 milliards d’euros pour la France.

AFP
Deux jours plus tard, le couperet tombait : Un effondrement historique de 6% du PIB de janvier à mars, soit la pire performance trimestrielle depuis 1945 : le chiffre publié mercredi [8 avril] par la Banque de France témoigne de brutales pertes de revenus notamment dans les secteurs de la construction, du commerce, des transports, de l’hébergement et de la restauration. L’activité générale a notamment été inférieure d’environ un tiers (-32%) à la normale dans les quinze derniers jours de mars.

Le Monde
Le quotidien du soir précise : Eu égard au recul de 0,1% du PIB au quatrième trimestre de 2019, la France est donc entrée en récession, laquelle se caractérise par deux trimestres consécutifs de recul de la production intérieure brute…, Par rapport à la crise financière de 2008, la baisse de l’activité induite par le confinement est bien plus forte. Dans l’industrie, les soldes de l’enquête de conjoncture relative à l’activité baissent environ 1,5 fois plus au premier trimestre 2020 qu’au quatrième trimestre 2008. Dans les services marchands, la décrue est quatre fois plus importante.

La Croix
Même son de cloche pessimiste : Il faut remonter au deuxième trimestre de 1968 marqué par les événements de mai, pour retrouver une baisse d’activité d’un même ordre de grandeur souligne la note de conjoncture [de la Banque de France] … Cette fois le scénario qui se dessine est plus inquiétant. Le mois d’avril sera au moins aussi mauvais que la dernière quinzaine de mars. La croissance sera fortement négative en 2020, a déjà prévenu le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau. Prudente face à l’incertitude de la durée et l’ampleur du choc économique, la banque centrale française ne se risque pas à une prévision annuelle, mais prévient que chaque quinzaine de confinement pourrait amputer le niveau du PIB annuel de près de 1,5%. Sachant que nous sommes dans la deuxième quinzaine et qu’on nous en prévoit au moins encore deux, le calcul est simple à faire !

Sud Ouest
Le grand quotidien aquitain pose les questions : Récession, dépression, quelles conséquences pour nous ? On parle de récession, quand un pays enregistre une baisse technique de l’activité durant deux trimestres consécutifs. Mais si la récession s’inscrit dans la durée, s’auto-entretient, entraînant une diminution de l’activité, puis des revenus et donc de la demande, elle peut conduire à des faillites d’entreprises, bancaires : l’économie s’installe alors dans la dépression. C’est une forme grave de la crise économique qui a des conséquences sociales plus importantes : hausse du chômage de longue durée, baisse des revenus qui concerne surtout les plus bas salaires et les populations les plus défavorisées. Pour mémoire, entre 2007 et 2010 le revenu des 10% les moins aisés a baissé de 1,3% alors qu’il avait augmenté de 7,3% entre 2003 et 2007. Outre la montée du chômage, corrélée aux défaillances d’entreprises, on note généralement une hausse des prix à la consommation.

Dès aujourd’hui, la vigilance s’impose !

Christophe Chiclet Journaliste à L’inFO militante

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