Social

Trois ans d’expérimentations pour un tarif social de l’eau

, Mathieu Lapprand

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Exonération d’abonnement, tarifications progressives. Pendant trois ans, dix-huit collectivités vont expérimenter différents modèles pour favoriser l’accès à l’eau des plus fragiles.

Issue de la loi Brottes sur l’énergie, votée en avril 2013, l’expérimentation pour un tarif social de l’eau permettra aux ménages les moins favorisés de bénéficier de tarifs allégés sur l’eau. Un comble pour un pays développé qui voit le prix de son eau varier grandement en fonction des opérateurs. Les limites de la privatisation de l’eau ?

Dix-huit villes ou agglomérations ont, depuis le 15 avril et pour une durée de trois ans, la possibilité de moduler le prix de l’eau, facturé selon les modalités de leur choix. Ainsi une expérimentation dans les Landes prévoit de prendre en charge la part fixe de l’abonnement pour tous les bénéficiaires de la CMU-C (les données seront transmises par la Caisse primaire d’Assurance maladie), sans répercussion de coût sur les autres usagers. À Lille, le tarif de l’eau sera calculé en fonction de la situation de famille, du nombre de personnes du foyer et des revenus. Cette solution pose néanmoins la question de la modulation de ces tarifs pour les copropriétés qui mutualisent leur consommation d’eau.

« Harmoniser les services rendus par les opérateurs et les tarifs pratiqués »

Pour l’Afoc, qui siège dans les commissions consultatives des services publics locaux, l’enjeu est de donner de la lisibilité aux consommateurs et d’harmoniser les services des opérateurs : éviter les numéros surtaxés, les services inutiles mais facturés. Au-delà de la mise en place d’un tarif social, n’est-il pas également temps de s’interroger sur les fortes disparités de tarifs constatées sur tout le territoire et d’harmoniser le prix du m3 d’eau, qui, assainissement compris, varie du simple au double en fonction du département. 

Voir en ligne : AFOC - Associations FO Consommateurs - Site