Vers un nouveau choc pétrolier ?

Revue de presse par Christophe Chiclet

© Come SITTLER/REA

Si la part des taxes nationales en relativise la baisse, le prix de l’essence à la pompe est en recul depuis huit semaines. Aujourd’hui, croit-on constater à l’échelon international, le pétrole ne vaudrait plus rien, bradé à l’encan. À voir. Aperçu dans la presse.

Les Échos
L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a publié les prévisions les plus pessimistes de son histoire. La demande quotidienne de pétrole va chuter de 29 millions de barils [par jour] ce mois-ci, a-t-elle annoncé, soit environ 30 % de moins que l’an dernier à la même époque. Un avril noir du pétrole, selon Fatih Birol, directeur général de l’agence, qui marquera un retour au niveau de 1995 . L’Hexagone est bien sûr touché : En France, par exemple, les ventes d’essence et de gazole sont inférieures de 75 % à 80 % à la normale depuis le début du confinement. 

Le Parisien
Le grand quotidien de la capitale a interviewé Matthieu Auzanneau, directeur du Shift Project, un groupe de réflexion sur la transition énergétique :
[Question] : Les prix à la pompe en France vont donc baisser ?
[Réponse] : Ils ont déjà baissé. Il faut tout de même rappeler que le prix du brut ne représente qu’un petit tiers du tarif payé à la pompe, le reste correspondant au coût du raffinage et aux taxes, qui ne sont revues qu’annuellement. Tant que le confinement se poursuivra, on peut penser que les prix à la pompe resteront bas… Lorsque le confinement va prendre fin, la demande repartira à la hausse et les prix pourraient repartir très rapidement aussi. On peut anticiper un effet yo-yo des prix dans les prochains mois et une très forte volatilité du prix du baril. Ce qui pose des questions : que se passera-t-il si les prix s’envolent et que la crise sanitaire repart ? En effet !

Le Monde
Un séisme mondial : C’est tout simplement du jamais vu dans l’histoire pourtant tumultueuse du marché du pétrole. Le prix du baril de brut texan, le WTI, référence du marché américain, s’est littéralement effondré lundi [20 avril]. Sa valeur s’est volatilisée, annihilée même. En début de soirée à Paris, il cotait moins de 1 dollar. Puis il a basculé en territoire inconnu, en dessous de zéro ! Une chute de 95 % dans la journée, atteignant finalement 100 %, qui défie le sens commun. Cette incongruité est bel et bien une conséquence de la pandémie de Covid-19 et du Grand confinement, comme le désigne le Fonds monétaire international. N’oublions pas que le pétrole américain est essentiellement consommé aux États-Unis ! Le baril de Brent, produit en mer du Nord, la principale référence du marché mondial, a certes dévissé, mais d’à peine 6 % et oscillait autour de 26 dollars. 

L’Humanité
Cette crise va aussi toucher des populations précaires : En attendant, pour de nombreux pays dont les hydrocarbures restent la principale ressource comme le Venezuela, l’Iran, l’Irak, le Nigeria, l’Angola ou encore l’Algérie, il s’agit d’une catastrophe économique et sociale.

Christophe Chiclet Journaliste à L’inFO militante

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