Wallis et Futuna : les enseignants en grève pour une égalité de traitement

InFO militante par Clarisse Josselin, L’inFO militante

Depuis le 2 mai, les enseignants du premier degré des îles Wallis et Futuna sont en grève illimitée à l’appel du syndicat FO. Ils revendiquent l’alignement de leur rémunération sur celle des professeurs des écoles de métropole. Les négociations sont au point mort et le mouvement pourrait se durcir.

L a colère monte chez les enseignants du premier degré des îles Wallis et Futuna, en grève depuis le 2 mai à l’appel de FO et toujours dans l’attente d’une ouverture des négociations. Après avoir cadenassé le portail du vice-rectorat le 19 mai, ils ont installé des barrages filtrants le 22 mai à l’entrée de la cité administrative. Depuis, les services administratifs ont été fermés par le préfet.

Sur les 130 enseignants que compte ce territoire du Pacifique, 99 % ont cessé le travail pour revendiquer l’alignement de leur grille salariale sur celle des professeurs des écoles de métropole. Selon Stefano Vanai, secrétaire général adjoint du syndicat FO de l’enseignement, le manque à gagner est d’environ 30 %, hors primes et indemnités.

Un enseignement exclusivement privé

La situation est particulière sur ces îles où l’État a concédé l’enseignement primaire à l’Église, mais reste chargé de la rémunération des professeurs et du contrôle pédagogique. Les enseignants sont des agents de droit privé recrutés par l’État et employés par la Direction de l’éducation catholique. Nous exerçons une mission régalienne, nous avons les mêmes devoirs que les enseignants métropolitains et ultramarins, mais pas les mêmes droits en matière de salaire, c’est totalement injuste, dénonce Stefano Vanai. Dans l’enseignement secondaire en revanche, où les établissements sont tous publics, les enseignants ont le statut de droit commun et la rémunération qui va avec.

Il n’y aura pas de retour en classe sans régularisation, prévient le militant. Les grévistes sont d’autant plus remontés que quatre jours de grève ont déjà été amputés de leur salaire de mai, avant même que les négociations n’aient démarré.

Pour sortir du blocage, la confédération FO et la Fédération FO de l’Enseignement, qui soutiennent la grève, appellent le ministère de l’Éducation nationale à donner mandat aux autorités locales pour ouvrir urgemment une véritable négociation. Le ministère a assuré qu’il le ferait, mais demande en préalable la levée des barrages. Le dialogue était toujours au point mort le 26 mai.

Clarisse Josselin Journaliste à L’inFO militante

L’inFO militante Le bimensuel de la Confédération