Congrès d’UD

Yonne : le développement passe aussi par un bon maillage territorial

, Valérie Forgeront

Recommander cette page

Le XVIIe congrès de l’Union départementale Force Ouvrière de l’Yonne qui se tenait le 17 novembre dernier à Joigny a réuni 110 militants FO. Présidé par le secrétaire confédéral Cyrille Lama, le congrès a reconduit Reynald Millot dans son mandat de secrétaire général de l’UD.

Quelques 110 militants FO –dont quarante délégués- participaient le 17 novembre dernier à Joigny au XVIIe congrès de l’Union départementale Force Ouvrière (UD) de l’Yonne. Présidé par le secrétaire confédéral Cyrille Lama, le congrès a élu Reynald Millot pour un deuxième mandat de secrétaire général de l’UD.

Une quinzaine d’interventions de délégués ont ponctué ce congrès au cours duquel les militants ont largement fait part de leurs inquiétudes à propos de la situation sociale. Tant à l’échelon national (attaques contre la sécurité sociale, projet de réforme des retraites, conséquences de la loi Travail…) que départemental. Dans la résolution générale, le congrès a ainsi tenu à acter qu’il « soutient et soutiendra l’ensemble des syndicats Force Ouvrière du département de l’Yonne, du Privé comme du Public, dans leurs combats et leurs mobilisations pour faire respecter les droits collectifs et les statuts, pour une plus grande répartition des richesses, pour résister aux logiques d’individualisation de la société, en précarisant toujours plus les travailleurs ».

Menaces sur les emplois

Dans l’Yonne, vaste département mêlant zones rurales et sites industriels, les salariés s’inquiètent notamment de plans ou menaces de restructurations au sein des entreprises.

« Le tissu industriel du département est touché » indique Reynald Millot. Le site de Nicolas Industrie (113 salariés /fabrication de remorques spéciales pour des secteurs stratégiques : armée, nucléaire…) de Champs-sur-Yonne a ainsi prévu de délocaliser dans quelques mois sa production en Allemagne (siège du groupe). Soixante-douze emplois vont disparaître. FO qui est en 2e position sur le site où les salariés se sont mis en grève à la mi-janvier a dû batailler pour améliorer le PSE « désormais signé » indique Reynald Millot.

L’avenir d’un autre site, celui de SKF (groupe suédois RKF/roulements à billes) basé à Avallon semble aussi sur la sellette. « Il y a une forte inquiétude car il y a un risque de délocalisation vers St-Cyr-sur-Loire » où le groupe semble vouloir concentrer son investissement explique le secrétaire général de l’UD-FO.

Lors du congrès les délégués ont ainsi évoqué les menaces pesant sur les 150 emplois de ce site de sous-traitance industrielle où FO est en 2e position. Depuis, à l’occasion des négociations NAO sur les salaires et pour manifester leur opposition à toute restructuration, les salariés de RKF ont organisé un débrayage le 24 janvier.

FO très implantée dans la métallurgie

Plus globalement, dans l’Yonne, les militants FO surveillent comme le lait sur le feu la situation de certains sites industriels. Sur une quarantaine de syndicats FO « beaucoup relèvent du secteur de la métallurgie ou de la Fonction publique » explique Reynald Millot. Ainsi, chez l’équipementier automobile Benteler (500 salariés environ), FO est le syndicat majoritaire. Chez AFE (150 salariés/Aluminium France extrusion) FO est en 2e position. L’organisation est très implantée aussi sur le site Renault de Villeroy (plus de 1000 salariés) ou encore sur les unités de Colas (BTP/plus de 500 salariés, groupe Bouygues).

Les militants FO du département surveillent aussi de près l’évolution des implantations de sites publics et de leurs emplois mis à mal depuis quelques années. Au sein des finances publiques par exemple explique le secrétaire général de l’UD « quatre centres ont fermé en deux/trois ans ». Malgré ces attaques contre les services publics, leurs missions et les effectifs, FO occupe une place de poids au sein du secteur public dans le département.

FO progresse encore dans le public

A l’image de la progression de l’organisation à l’échelon national au sein du secteur de la Santé, FO a décroché la 2e place à l’hôpital d’Auxerre (plus de 1500 agents) lors des élections professionnelles du 6 décembre dernier dans la Fonction publique. FO est par ailleurs en 2e position aussi au centre hospitalier spécialisé d’Auxerre (500 agents/secteur psychiatrie).

Dans ce département doté de nombreux Ehpad (établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes), l’organisation est très implantée dans ces structures indique Reynald Millot. « A Courson-les-Carrières, FO est passé premier » se réjouit-il. Du côté versant territorial, FO a conservé sa 3e place au Conseil départemental de l’Yonne. Cette même position a été conservée aussi au plan départemental par FO Com.

Le maillage territorial par cinq UL-FO

Si les syndicats FO de l’Yonne montrent leur dynamisme, l’UD compte travailler encore au développement de l’organisation. Au cours de ces trois dernières années, une dizaine de syndicats FO ou sections syndicales ont été créées. Par ailleurs une vingtaine d’implantations FO ont obtenu des élus.

Pour ce nouveau mandat qui s’ouvre, le secrétaire général compte multiplier les efforts au plan du développement. Un des axes de travail de l’UD-FO est ainsi d’œuvrer, avec les syndicats, à « de nouvelles implantations FO, notamment sur certains sites industriels importants en termes d’effectifs ».

Le développement de FO dans l’Yonne passe aussi par l’organisation interne. Déjà, « en trois ans, l’UD-FO a ouvert quatre unions locales, ce qui fait cinq UL en tout dans le département » se félicite Reynald Millot. « Nous avons voulu faire en sorte de construire un maillage territorial permettant d’être au plus près des salariés ».