5 novembre : sur tout le territoire, la détermination à faire aboutir les revendications

Les articles de L’InFO militante par Sandra Déraillot, L’inFO militante

Sur l’ensemble du territoire, la mobilisation était massive le 5 novembre. Augmentation des salaires, baisse du coût de la vie, arrêt de la dégradation des moyens des services publics, entre autres concernant l’hôpital et l’école, ces revendications -et bien d’autres- étaient de tous les cortèges, plus de 200 sur tout le territoire. Dans des cortèges intersyndicaux ou des défilés spécifiquement FO, selon des configurations variables, les militants FO se sont particulièrement mobilisés lors de cette journée de grève et des manifestations, avec la volonté d’être enfin entendus.

Sur l’ensemble du territoire, la mobilisation était massive le 5 novembre. Augmentation des salaires, baisse du coût de la vie, arrêt de la dégradation des moyens des services publics, entre autres concernant l’hôpital et l’école, ces revendications -et bien d’autres- étaient de tous les cortèges, plus de 200 sur tout le territoire. Dans des cortèges intersyndicaux ou des défilés spécifiquement FO, selon des configurations variables, les militants FO se sont particulièrement mobilisés lors de cette journée de grève et des manifestations, avec la volonté d’être enfin entendus.

La journée a commencé par le blocage, dès le matin, des accès à la ville de Toulon, par les militants FO qui ont rejoint la manifestation intersyndicale. Ils étaient dans la rue comme 1,5 millions de manifestant pour réclamer plus de justice sociale et une meilleure répartition des richesse.

Quelque 150 000 manifestants à Marseille, 80 000 à Toulouse, 55 000 à Lyon, 35 000 à Rennes et à Nantes, 30 000 à Grenoble, 20 000 à Brest et plus de 10 000 à Angers. A Montpellier 3 000 participants sont parvenus à braver des conditions météorologiques difficiles et une pluie diluvienne. Mais aussi 2500 à Gap. Dans de plus petites localités, la mobilisation s’est montrée tout aussi massive, notamment par l’existence bien souvent de plusieurs cortèges organisés au sein d’un même département.

Ainsi en Loire-Atlantique 8 000 personnes se sont mobilisées à Saint-Nazaire et 1 500 à Ancenis. Dans le Finistère ou encore les Côtes d’Armor, 6 000 ont défilé à Quimper, 4 000 à Saint-Brieuc. Dans la Sarthe, 130 manifestants étaient réunis à Sablé-sur-Sarthe, 500 à Mamers, et 5000 au Mans. En Charente, ils étaient 9000 à Angoulême, 400 à Cognac et 150 à Ruffec et 7000 entre Chambéry, Albertville, Saint Jean de Maurienne en Savoie.

Vie chère et pouvoir d’achat qui ne suit pas

La vie chère... mais les moyens des travailleurs qui ne suivent pas : dans tous les cortèges de province, la même expression est revenue sans cesse pour expliquer l’importante mobilisation observée le 5 novembre. Les gens en ont ras-le-bol, il y a le prix de l’énergie qui monte, et les salaires qui stagnent , explique ainsi Frédéric Nicolas, secrétaire de l’UD-FO de Meurthe et Moselle. La manifestation à Nancy a rassemblé quelque 9000 participants. Même constat sur les salaires et leur pouvoir d’achat à Chartres où 1200 manifestants ont notamment fustigé des négociations annuelles obligatoires dont certaines proposent... 0 % d’augmentation. Ici nous avons Vorwerk, Dior, Novonordisk, dont les travailleurs sont venus manifester, explique Olivier Aubry, secrétaire de l’UD d’Eure-et-Loir. On ne peut pas dire que ce sont des entreprises en difficulté, mais côté redistribution des richesses via les salaires, ça va très mal.

Une vraie colère est présente chez les salariés tant du privé que du public. D’ailleurs nous avons plus de salariés du privé que pour des manifestations antérieures observe encore Olivier Aubry.

A Clermont-Ferrand se sont retrouvés quelque 9000 manifestants (dont 1000 adhérents FO), des travailleurs issus de multiples secteurs : industrie, commerce ou encore des services publics (Santé, enseignement, …), de la Sécurité sociale, aide sociale, santé, enseignement, ... Les gens refusent de devoir se serrer encore davantage la ceinture , souligne Pascale Guyot, secrétaire de l’UD du Puy-de-Dôme. Et de voir leurs services publics (écoles, hôpitaux…) se dégrader de jour en jour au prétexte qu’il n’y aurait plus d’argent. De l’argent il y en a, poursuit-elle, quand on voit par exemple les 211 milliards d’euros (en 2023, selon une commission d’enquête du Sénat, Ndlr) d’aides publiques aux entreprises, accordées sans conditionnalité chaque année, ou encore les milliards d’euros de dividendes versés chaque année aux actionnaires, …

Mal-être des travailleurs qui attendent des réponses

A Bayonne, Yannick Hervouet, secrétaire de l’UD-FO des Pyrénées-Atlantiques, constate le désarroi de travailleurs qui se sentent abandonnés, constatant les effets des coupes budgétaires -impactant notamment les effectifs- opérées dans les services publics. Ils ne savent plus à qui s’adresser et nous sollicitent pour tout, une aide pour trouver un logement, acheter une voiture ou payer les études des enfants. Les travailleurs, souligne encore le militant, expriment un véritable mal-être devant un exécutif qui apparait sourd à leurs revendications. Plus largement, ces travailleurs constatent actuellement que leurs conditions de travail se dégradent. Par ailleurs, et même quand les salaires sont corrects, les gens se demandent dans quel état ils arriveront à 64 ans , poursuit Olivier Aubry.

Des cortèges, étaient particulièrement présents aussi des lycéens et étudiants revendiquant notamment des moyens pour les établissements scolaires et des conditions d’études décentes. Certains auraient même motivé leurs parents à venir. La mobilisation de la jeunesse donne de la force et stimule beaucoup les adultes , observe Pascale Guyot.

Des parcours parfois difficiles à caler…

Au Mans, où s’arrêtait l’autocar FO Fonction publique en campagne pour les élections professionnelles de décembre, l’itinéraire du cortège avait été modifié par la préfecture. Ces changements imposés et avec parfois une interdiction de manifestation en centre-ville ont aussi concerné d’autres villes. Ainsi à Lyon, à Toulouse ou encore à Rouen et Annecy.

A Chartres, FO a dû introduire un référé pour que le parcours souhaité soit autorisé. nous avons gagné et pu conserver notre parcours , explique Olivier Aubry, secrétaire de l’UD d’Eure-et-Loire. A Bayonne aussi nous avons bataillé , explique Yannick Hervouet, secrétaire de l’UD des Pyrénées Atlantiques. Nous avions prévu un parcours évitant le centre-ville, mais la préfecture proposait un trajet passant par les remparts et de petites ruelles où nos camions n’auraient pas pu passer et où les manifestants pouvaient se retrouver coincés. Les syndicats ont finalement eu gain de cause et les manifestants ont pu suivre le parcours initial. Sans aucun problème dans ces cortèges syndicaux. A Grenoble, le tribunal administratif a cassé l’arrêté préfectoral 2h avant que le cortège ne démarre. Celui-ci a pu emprunter le parcours déposé.

Reste désormais à satisfaire les revendications des travailleurs. L’intersyndicale nationale a réservé sa réponse dans l’attente de l’issue de la conférence sociale convoquée lundi à Matignon.

Sandra Déraillot Journaliste à L’inFO militante

L’inFO militante Le bimensuel de la Confédération