FMI : ajustements structurels, ça c’était avant...

Voix de presse par Michel Pourcelot

Le FMI a été encore un peu plus cité dans les médias ces derniers temps, d’autant plus après la déclaration de sa directrice générale, depuis 2011, qui a assuré le 12 avril que « l’ajustement structurel », c’était avant son mandat.

Les Échos
« Le FMI a “changé” et n’impose plus les politiques d’“ajustement structurel” qui ont été no­tamment décriées en Afrique et en Amérique du Sud dans les années 1980-1990, a assuré samedi sa directrice générale. “L’ajustement structurel ? C’était avant mon mandat et je n’ai aucune idée de ce que c’est”, a ironisé Chris­tine La­garde lors d’une conférence de presse à Washington. Les pays concernés apprécieront son humour alors que le Fonds a continué de soutenir des politiques d’austérité budgétaire dans les pays placés sous son assistance financière (Grèce, Portugal...). Ce terme d’“ajustement structurel” recouvre des mesures de libéralisation de l’économie et de réduction du périmètre de l’État qui ont conditionné les prêts du FMI, avec des résultats très contestés dans les pays du Sud. » Pour le moins.

Le Monde
Ainsi, « les déclarations de Mme Lagarde ont suscité le scepticisme de l’organisation de lutte contre la pauvreté Oxfam, qui a récusé tout changement profond de l’institution. “Les programmes d’austérité [mis en place actuellement par le FMI –NDLR] ont une ressemblance frappante avec les ajustements structurels imposés aux pays pauvres dans les années 1980 et 1990”, a affirmé en retour le directeur d’Oxfam ». Question de mots sans doute, en revanche les maux sont les mêmes.

La Croix
En Ukraine, le FMI fait fort : « Le versement de l’aide reste cependant suspendu à de sévères mesures d’austérité, des conditions qu’avait refusées en novembre le président déchu Viktor Ianoukovitch. Il s’agit notamment d’augmenter de 50% le prix du gaz aux particuliers, de geler les salaires des fonctionnaires et les pensions des retraités, ou encore de laisser filer la monnaie. Les hausses de salaire dans la fonction publique, promises par le chef de l’État en fuite, ont d’ores et déjà été annulées. » Pour commencer.

La Provence
À l’horizon, le « cauchemar économique et social traversé par les Grecs, à cause des mesures très difficiles exigées par l’UE et le FMI en échange des 240 milliards d’euros de prêts accordés au pays depuis 2010 pour éviter sa ruine : chômage à 26,7%, le plus haut d’Europe, chute des revenus de la population d’un tiers entre 2007 et 2012, et près du quart des ménages menacés par la pauvreté ».

L’Union
On peut donc s’inquiéter quand le FMI adresse un satisfecit à la France : « Le FMI relève sa prévision de croissance 2014 pour la France et estime qu’elle retrouvera l’an prochain un rythme proche de celui de l’Allemagne, et en ligne avec le reste de la zone euro. » Mais ce ne sont que des mots. Quant aux maux, c’est pour les autres.

Michel Pourcelot Journaliste

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