La géothermie, bien ancrée ?

Consommation par Michel Pourcelot

À l’abri derrière les confrontations épisodiques entre partisans et détracteurs du gaz de schiste, certains continuent à forer tranquillement les sols européens. Du moins jusqu’à cet été, quoique en France l’onde de choc n’ait guère atteint les estivants. Le 20 juillet dernier, dans le canton suisse de Saint-Gall, à moins de 200 km de la centrale nucléaire de Fessenheim, un tremblement de terre de 3,5 sur l’échelle de Richter s’est produit à la suite d’un forage de géothermie profonde, vers 4.000 mètres sous terre. Il a provoqué de nombreux dégâts et a été suivi de plusieurs microséismes. Repris, les travaux de forage ont, pour finir, été abandonnés, tout comme l’avaient été ceux qui, fin 2006 et début 2007, dans la région de Bâle (frontalière avec l’Alsace), avaient été à l’origine de plusieurs séismes similaires, dont certains d’une magnitude supérieure à 3. En 2008, deux villages alsaciens avaient été sinistrés et rendus inhabitables par des projets géothermiques, cette fois-ci moins profonds. Début 2014, les habitants n’étaient toujours pas indemnisés. Or le développement de la géothermie, comme énergie renouvelable génératrice de chaleur et d’électricité, est soutenu par le gouvernement français. En particulier les pompes à chaleur (PAC) géothermiques, qui bénéficient de crédits d’impôts. D’où la multiplication des forages de puits géothermiques chez les particuliers, mais aussi de problèmes croissants d’instabilité et de fragilisation des terrains, de ruptures de canalisations, de fissures de façades et de risques d’effondrement d’habitations... Pour toutes ces raisons, l’AFOC vient de demander que ces opérations de géothermie « prennent en compte le contexte géologique du lieu considéré et des terrains environnants », que « les pouvoirs publics modifient le code minier actuel, trop peu contraignant pour les forages géothermiques de moins de 100 mètres », et souhaite une « meilleure qualification des entreprises de forage ». Déjà que les temps sont instables...

 Voir en ligne  : AFOC - Associations FO Consommateurs - Site

Michel Pourcelot Journaliste

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