A Metz mobilisation pour la préservation de l’hôpital d’instruction des armées Legouest

InFO militante par Sandra Déraillot, L’inFO militante

Le transfert de la gestion des urgences de l’hôpital Legouest vers le CHR Metz-Thionville a été annoncé en juin dernier. Cette décision risque d’entraîner la fermeture des urgences du seul établissement public de centre-ville, voire sa fermeture totale. FO Défense se mobilise pour préserver des emplois et une infrastructure sanitaire indispensable.

Le 3 octobre, Metz se mobilise pour la sauvegarde de l’hôpital régional d’instruction des armées (HRIA) Legouest, à l’appel de FO. Le ministère des Armées a en effet annoncé le transfert de la gestion des urgences de cet établissement, ouvert à tout public, au Centre hospitalier régional de Metz-Thionville pour le début 2027. Les urgences demeureraient accessibles mais sous l’encadrement du CHR.

Ça ne fonctionne pas les transferts de gouvernance, s’insurge Alhadi Berrabah, représentant du personnel et délégué syndical FO Défense à l’hôpital Legouest. On transfère et au bout de six, douze, dix-huit mois, on constate que ça ne marche pas et on ferme. C’est un prétexte, un subterfuge... En clair, un moyen d’engager la transformation de l’établissement en hôpital spécialisé des armées (HSA), réservé à la prise en charge des militaires blessés au combat, comme cela s’est déjà déroulé dans d’autres régions.

Des précédents ailleurs en France

Ainsi l’HRIA Robert Picqué de Villenave-d’Ornon, près de Bordeaux, qui devait d’abord fusionner avec un établissement civil, a finalement fermé ses portes au public en 2025 pour devenir un hôpital spécialisé des armées (HSA). Et à Lyon, l’HRIA Desgenettes a été transformé en HSA depuis 2024, alors qu’il fonctionnait en « partenariat » avec l’hôpital Édouard Herriot depuis 2014.

Alhadi Berrabah souligne qu’un tel transfert pose problème quant au statut des personnels. Ceux qui ont fait leur carrière sous le statut militaire n’accepteront jamais de le quitter pour celui d’agent du service public hospitalier, moins disant, explique-t-il. Ce transfert supposerait donc que des personnels du CHR viennent travailler à Legouest. Mais c’est impossible, leurs urgences à Mercy sont déjà en difficulté pour répondre à la demande.

Au CHR, déjà un sous-effectif chronique

Dans un communiqué le syndicat national des médecins hospitaliers (SNMH FO) souligne combien les urgences de l’hôpital Mercy du CHR sont saturées en raison d’un sous-effectif permanent : Pour remplir le tableau de garde, la direction sollicite régulièrement les médecins des autres services. (...) Depuis le début de l’année, trois médecins urgentistes épuisés ont été victimes d’accidents de la route en sortie de garde. De plus, le CHR Metz-Thionville gère déjà les urgences de l’hôpital Maillot du Val de Briey. Résultat : elles sont régulièrement fermées, constate Alhadi Berrabah.

L’HRIA Legouest est le seul service public d’urgence en centre-ville de Metz. Il totalise entre 15 000 et 20 000 passages annuels. Une clinique accueille également les urgences mais elle s’apprête à déménager en périphérie de la ville début 2027. La fermeture des urgences de l’HRIA entraînerait à moyen terme celle de l’établissement. Car les urgences, c’est ce qui alimente les services d’imagerie et c’est la porte d’entrée vers les hospitalisations, souligne Alhadi Berrabah.

Appel à signatures et rassemblement

FO Défense a donc lancé une pétition en ligne laquelle a déjà enregistré 5330 signatures. La pétition appelle notamment la population à participer à une manifestation devant la préfecture le samedi 3 octobre.

L’Union départementale FO de la Moselle est un soutien fort aux actions passées et à venir. En intersyndicale, elle revendique l’annulation de la décision et le maintien intégral du service des urgences de l’hôpital Legouest, avec les moyens humains, matériels et financiers nécessaires à son fonctionnement et appelle à soutenir la mobilisation prévue, interpellant aussi les élus locaux.

L’intersyndicale prévoit aussi de s’adresser directement au directeur central du service de santé des armées lors de la venue à Metz de celui-ci, le 6 octobre. Lui seul peut freiner des quatre fers, tant que l’arrêté de transformation de l’hôpital n’a pas été présenté, assure Alhadi Berrabah.

Sandra Déraillot Journaliste à L’inFO militante

L’inFO militante Le bimensuel de la Confédération