Congrès d’UD

À Saint-Pierre-et-Miquelon, FO se développe et devient numéro un

, Clarisse Josselin

Recommander cette page

© Chantal Briand / Studio Briand SPM

Le IIIe congrès de l’union départementale des syndicats FO de Saint-Pierre-et-Miquelon s’est tenu le 28 mai à Saint-Pierre, sous la présidence de Jean-Claude Mailly, avec une centaine de participants.

« On a monté des équipes solides, on n’a pas droit à l’erreur, le syndicat FO est la seule manière de résister sur le territoire », prévient Sophie Briand, la nouvelle secrétaire générale de l’union départementale de Saint-Pierre-et-Miquelon, élue par le congrès et qui succède à Alain Tanguy.

Issue de l’inspection du travail et de la formation professionnelle, elle est entrée à FO en 2013 après une première grève historique au conseil territorial contre une nouvelle organisation du travail.

Devenue secrétaire générale adjointe, elle a été chargée de réorganiser et développer l’UD : nouveaux syndicats (notamment à la mairie de Saint-Pierre), recrutement de militants, mise en place de cycles de formation avec le CFMS… et ça paye.

FO a pris la première place lors des élections dans les trois fonctions publiques en décembre 2014, avec des scores éclatants : 90% à la mairie de Saint-Pierre, 87% à la préfecture, 70% à l’hôpital… Elle est aussi en tête dans plusieurs établissements publics comme La Poste ou EDF.

Dans cette collectivité territoriale, un archipel de 242 km2 situé dans l’océan Atlantique à l’est du Canada, près de la moitié des 3 100 actifs est fonctionnaire. L’emploi privé réside principalement dans les services, le commerce et le bâtiment.

Dans sa résolution, FO dénonce la cherté du coût de la vie. L’une des priorités sera de mettre en place des négociations dans le public comme dans le privé, par le biais des conventions collectives locales, pour faire évoluer les salaires.

Permettre aux salariés d’accéder à la formation professionnelle

© Chantal Briand / Studio Briand SPM


La lutte contre la dégradation des conditions de travail, notamment à la mairie de Saint-Pierre, constitue une autre urgence pour la nouvelle secrétaire générale. Elle est prête à aller au tribunal s’il le faut. « Le maire a une conception très autoritariste du dialogue social, ce qui génère une forme de souffrance au travail », a déploré Jean-Claude Mailly, qui se rendait pour la première fois à Saint-Pierre-et-Miquelon.

FO est aussi mobilisée à l’hôpital, frappé par l’austérité. « On doit réinstaurer un dialogue social, les employeurs n’ont pas l’habitude d’avoir un syndicat fort en face d’eux », ajoute Sophie Briand. En octobre 2013, un conflit avait déjà abouti au renvoi de la directrice de l’hôpital pour des « pratiques inacceptables ». Les agents avaient également obtenu une réorganisation du travail avec 43 postes supplémentaires et la transformation de 29 CDD en CDI.

L’UD a par ailleurs organisé plusieurs conférences sur le mal-être au travail et les risques psychosociaux avec Denis Garnier, de la fédération SPS FO, pour offrir un espace de dialogue dans le contexte très fermé de l’archipel.

Dans sa résolution, le congrès s’oppose à la destruction programmée du service public, frappé par la RGPP puis la MAP. Il exige aussi « la mise en fonction immédiate du centre de gestion et de formation pour que les agents territoriaux puissent évoluer dans leur carrière, notamment par l’accès aux concours ».

FO pousse à la création d’un organisme paritaire collecteur agréé (OPCA) local pour permettre la création du compte personnel de formation et l’accès des salariés à leurs droits. « On est à la veille de vastes projets économiques comme le grand port de Saint-Pierre, ajoute la secrétaire générale. Il est essentiel d’identifier et d’anticiper l’évolution des emplois pour permettre aux habitants de se former et d’être prêts ».

Voir en ligne : Denis Garnier raconte dans un livre le combat des agents de l’hôpital de Saint-Pierre-et-Miquelon