Grande distribution

Après la grève du 31 mars, difficile reprise des discussions chez Carrefour

, Nadia Djabali

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Salariés de Carrefour en grève le 31 mars 2018. Photo : F. Blanc (CC BY-NC 2.0)

Une réunion d’urgence a eu lieu au siège d’Evry le 5 avril entre les organisations syndicales et la direction de Carrefour. Cette dernière a mis sur la table un certain nombre de propositions, notamment le report en septembre de la mise en location gérance des cinq hypermarchés concernés par ce dispositif. Parmi les autres propositions : le versement de bons d’achats pour compenser la baisse de participation touchée par les salariés.

Mouvement de grande ampleur selon Le Figaro, mobilisation très suivie selon LCI, des magasins touchés dans toute la France, selon L’Obs. La grève du 31 mars chez Carrefour a incontestablement été un succès.

Les délégués FGTA-FO de Carrefour avaient prévenu : les salariés taperaient fort contre le plan de suppressions d’emploi prévu chez le géant mondial de la grande distribution. La direction de Carrefour a sous-estimé notre capacité à mobiliser, remarque Dejan Terglav, secrétaire général de la FGTA-FO. Et signe des temps : la CFDT, la CGC ainsi que la CGT localement, ont appelé à la grève. Une entente syndicale qui a surpris la direction de Carrefour.

Nous avons réussi à fermer les plus gros hypermarchés du groupe, se félicite Dejan Terglav. Conséquences : cette journée en plein week-end pascal aura coûté entre 700 000 euros et 1 million d’euros par hypermarché fermé. Cela leur a couté bien plus que les 600 € que nous réclamons au titre de la participation des salariés, poursuit-t-il.

Après le 31 mars

Lorsqu’on lance une grève, c’est pour apporter du concret aux salariés, insiste Dejan Terglav. Alors, que s’est-il passé après ce mouvement du 31 mars ? Alexandre Bompard, P-DG du groupe a d’abord campé sur une position de principe aux antipodes de la tradition de dialogue social de l’entreprise. Dans un communiqué de presse publié au sortir de la grève, la fédération a interpellé les actionnaires du groupe : Dans l’intérêt de toutes les parties prenantes de l’entreprise, nous appelons à ce que la gouvernance de l’entreprise retrouve enfin le chemin de la responsabilité sociale.

Un appel entendu à en croire la programmation le 5 avril d’une réunion d’urgence au siège d’Evry. Représentée par Michel Enguelz, délégué syndical de groupe et Jean-Marc Robin, délégué syndical central chez Carrefour Market, FO y a demandé l’amélioration du plan de départs volontaires pour les 2 400 salariés des sièges. Elle a également revendiqué pour les magasins mis en location-gérance, la négociation d’une clause sociale pour les hypermarchés et les supermarchés ainsi que l’étude d’un projet alternatif pour chaque magasin.

Des documents non signés en consultation

Durant ce rendez-vous, la direction de Carrefour a prévenu que les négociations qui concernent le plan de départ volontaire dans les sièges et le PSE dans les 273 magasins de proximité, restaient encore ouvertes. Des documents non signés seront mis en consultation des instances représentatives du personnel.

Autre annonce importante : le report en septembre du passage en location gérance des cinq hypermarchés concernés. La direction souhaite mettre en place une instance de dialogue social du réseau franchisé et location-gérance pour tous les formats de magasin. Elle a également validé la demande de FO d’étudier les solutions alternatives pour chaque magasin.

Des bons d’achat pour les salariés

S’agissant du montant de la participation et de l’intéressement des salariés, la réunion du 5 avril a remis sur la table les 57 € de participation proposés initialement. Face au mécontentement des salariés et des organisations syndicales, la direction du groupe a, quelques jours avant la grève du 31 mars, complété cette somme d’un forfait de 350 € d’intéressement. Or, pour FO le compte est encore loin des 600 € demandés.

Pour compenser l’écart, le groupe Carrefour avance une proposition qui ne manquera pas de susciter un débat parmi les salariés et les organisations syndicales : une rallonge de 150 € pour un salarié à temps complet sous la forme de bons d’achat. Les salariés à temps partiel, eux, les toucheraient au prorata de leur temps de travail avec un plancher fixé 70 €.

Ces propositions seront-elles suffisantes ? C’est aux syndicats des hypermarchés, des magasins de proximité, des Carrefour Market, de la logistique et des sièges d’en décider.

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