Ascoval Saint-Saulve : une hirondelle ne fait pas le printemps

Communiqué de FO Métaux par Métaux

Franck CRUSIAUX/REA

Si la commande annoncée le 25 novembre par SNCF Réseau constitue une bouffée d’oxygène pour l’aciérie de Saint-Saulve, faut-il pour autant y voir le bout du tunnel pour Ascoval Saint- Saulve et ses 270 salariés ? A première vue, oui.

Le 25 novembre, un accord avec l’usine BSFR d’Hayange (Moselle) a été annoncé pour fournir 140 000 tonnes/an de demi-produits (blooms) destinés à être transformés en rails pour SNCF Réseau. A priori, de quoi permettre à cette aciérie électrique de relever enfin la tête, après plusieurs années d’incertitude qui ont vu le site être ballotté de repreneur en repreneur. Cependant, à y regarder de plus près, la situation n’est pas aussi idyllique qu’annoncé. Car ce contrat ne prendra effet qu’à partir de septembre 2020…

D’ici là, il va falloir tenir !

Les faits sont têtus : Les volumes promis lors de la reprise par British Steel atteignent pour le moment la moitié de ce qui avait été convenu, soit les 136 000 tonnes de commandes prévues avec d’autres clients pour 2020 sur la gamme de produits habituels d’Ascoval. Les caisses d’Ascoval sont presque vides. L’entreprise survit grâce à des acomptes et les salariés sont en activité partielle.

Certes, les investissements sont au rendez-vous, mais les travaux correspondants, qui permettront à Ascoval de réaliser la commande pour SNCF Réseau, ne débuteront qu’en juillet prochain. Il faudra ensuite ajouter trois mois d’homologation clients. Les livraisons ne débuteront donc pas avant début 2021. Autrement dit, les salariés vont encore devoir tenir plus d’une année avant de retrouver un rythme de croisière soutenable et garantissant un avenir au site.

Si FO Métaux salue l’avancée que constitue ce contrat, elle ne considère pas pour autant que tout est réglé. Aux côtés des salariés d’Ascoval depuis le début, notre organisation a pu mesurer avec eux combien les promesses et les engagements pouvaient se révéler fragiles et peu durables. Elle sait aussi que ce sont toujours les salariés qui payent pour les erreurs, qu’il s’agisse de celles des dirigeants ou des pouvoirs publics.

Le chemin de la convalescence sera encore long et Ascoval Saint-Saulve est loin d’être sortie de la zone de danger.

La Fédération FO de la métallurgie accompagnera les salariés avec la plus grande vigilance et la toute la force de son exigence pour assurer un futur durable à l’industrie et à celles et ceux qui lui donnent vie.

Métaux Secrétaire général

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