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Au Crédit Agricole, FO s’inquiète du resserrement du télétravail et dénonce la méthode utilisée

InFO militante par Chloé Bouvier, L’inFO militante

© Francois HENRY/REA

La direction du Groupe Crédit Agricole avait annoncé en janvier de nouvelles règles encadrant le télétravail sur l’ensemble de ses 40 filiales. Règles en vigueur depuis le 1er avril. FO s’inquiète des conséquences de ces restrictions sur l’équilibre entre vie professionnelle et personnelle pour les salariés. Le syndicat dénonce aussi la méthode alors que les CSE n’ont pas été consultés.

Au début de l’année 2026, la direction du groupe Crédit Agricole a annoncé revenir sur ses dispositions de télétravail. Cela concerne l’ensemble du groupe, soit environ 40 filiales et 42 000 salariés, souligne Karine Sorin, déléguée syndicale FO au sein du groupe. La direction a détaillé les nouvelles règles, notamment l’interdiction de télétravailler deux lundis et deux vendredis par mois. Ces dispositions doivent encadrer les accords dédiés au télétravail, qui sont propres à chacune des filiales. Le groupe a mis en place une charte et chaque filiale a mis en place ses accords, en respectant les règles générales, comme le forfait jours de télétravail, entre 80 et 86 jours. Il existe aussi des forfaits supplémentaires, notamment pour les salariés porteurs de handicap ou aidants, détaille la militante.

En accentuant la présence sur site, la direction estime qu’il ne s’agit pas d’un retour en présentiel, puisque ne touchant pas directement au forfait jour de télétravail. Mais dans les faits, ces nouvelles règles vont impacter la manière dont les salariés vont user de leurs jours de télétravail. D’autant que revaloriser le présentiel risque de poser des questions de place alors que certaines filiales sont passées au système flex office (pas de bureau attribué à un salarié). Les salariés vivent cela comme des restrictions, pointe Karine Sorin. D’autant que beaucoup ont trouvé leur équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle sur ce modèle et le changement des règles bouleverse leur organisation en cours d’année. Ces nouvelles règles sont officiellement en vigueur depuis le 1er avril.

Les managers en première ligne

FO, représentatif au niveau du groupe Crédit Agricole, s’inquiète des effets de ces nouvelles règles pour les salariés et conteste la méthode. Les CSE de chaque filiale ont été informé de ces nouvelles règles, mais aucune consultation n’a été organisée. Nous exigeons que les instances représentatives du personnel et leurs prérogatives soient respectées. De son côté, la direction estime que ces nouvelles règles entrent dans le cadre des accords et n’impliquent donc pas de consultation. Les accords évoquent une souplesse managériale, mais il s’agit d’une souplesse de proximité. Là, ces changements sont très importants dans l’organisation du quotidien des salariés.

Le syndicat note notamment que les managers seront en première ligne de ces changements. La direction se déresponsabilise sur eux avec des règles floues. Ils vont donc devoir arbitrer des situations personnelles, ce qui augmentera leur charge de travail et leur exposition et risque psycho-social. Le flou des règles ouvre aussi un risque de différence de traitement des salariés, selon l’encadrement managérial. Exemple en ce qui concerne l’impossibilité de poser un jour de télétravail juste avant ou après des congés. Parle-t-on d’une semaine de congé ? Ou juste une journée de congé ?, s’interroge la déléguée FO.

FO demande la suspension de ces nouvelles règles

Le syndicat a exigé un rendez-vous avec la direction qui groupe qui pour l’instant « campe sur ses positions » pointe Karine Sorin. Pour la militante, dans le contexte économique et géopolitique actuel, accentuer le retour sur site a un coût et impacte de fait le pouvoir d’achat des salariés.

FO a donc envoyé un courrier à la direction le 2 avril, demandant formellement la suspension de ces nouvelles règles concernant le télétravail. Le syndicat n’exclut pas une action avec l’ensemble des salariés des 40 filiales du groupe, notamment en s’inspirant de ce qui a pu être fait au niveau local. Au sein de la filiale CACIB, la banque de financement et d’investissement du Crédit Agricole, FO a initié une pétition demandant la suspension de ces règles. Le texte a recueilli plus de 300 signatures.

Chloé Bouvier

L’inFO militante Le bimensuel de la Confédération

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