Congrés d’UD

Aube : se développer pour gagner

, Evelyne Salamero

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Résistance, revendication, négociation, action, développement. Cinq mots, comme les cinq doigts de la main. Inséparables, parce qu’indispensables les uns aux autres, ont réaffirmé les 120 militants réunis pour le XXIe congrès de l’Union départementale des syndicats FO de l’Aube le 18 mai, sous la présidence de Patrick Privat, trésorier confédéral.

Fort d’une équipe consolidée, Arnaud Marchal, réélu secrétaire général de l’Union départementale de l’Aube pour un troisième mandat, a la ferme intention de se consacrer plus que jamais au développement de l’organisation dans le département, dans un contexte difficile marqué par la mise en place des Comités sociaux et économiques (CSE), et surtout avec toutes les réformes qui arrivent, ajoute-t-il.

Ne pas se laisser transformer en « syndicat d’audience »

Cette volonté, les délégués l’ont aussi exprimée pendant les débats ponctués d’une dizaine d’interventions et dans la résolution finale adoptée à l’unanimité des congressistes, soulignant notamment : Pour le syndicalisme libre et indépendant, le score électoral n’est pas un but en soi. Si les lois liberticides sur la représentativité placent le syndicat en campagne électorale permanente, nous ne saurions accepter de nous voir transformer en syndicat d’audience. Nos résultats électoraux n’ont d’intérêt que par rapport à notre capacité de porter les revendications plus fort et plus loin.

L’effort de développement portera donc à la fois sur les campagnes pour les élections professionnelles, notamment celles de la Fonction Publique en décembre prochain, et sur la multiplication de nouvelles implantations. Notre force réside avant tout dans la création et le développement de syndicats dans le privé et dans le public, ont rappelé les délégués.

Dans ce souci de se développer en lien avec les revendications et la résistance face aux différentes réformes, le rapport d’activité (adopté à l’unanimité) soulignait aussi l’importance de continuer à tenir, mais de manière encore plus soutenue encore, les réunions périodiques des délégués syndicaux de tous les secteurs, à l’Union départementale. Un objectif confirmé par les congressistes qui ont considéré dans la résolution générale que c’est en associant pleinement nos syndicats avec leurs représentants syndicats au fonctionnement de l’Union Départementale que nous pouvons donner corps à [la] puissance syndicale.

Négociation et rapport de force

Alors que le congrès se déroulait quatre jours avant la journée de grève et de manifestations de la Fonction publique, et du fait d’un contexte général marqué par une avalanche de contre-réformes, la question du rapport de force s’est posée avec une acuité particulière.

Dénonçant l’attitude du gouvernement et des employeurs qui de façon irresponsable, substituent la concertation/cogestion à la négociation [et] portent ainsi l’entière responsabilité des mobilisations sociales qui se multiplient actuellement, les délégués ont rappelé leur refus de négocier la régression sociale.

En revanche, réaffirmant le syndicalisme FO comme un syndicalisme de négociation, ils se sont prononcés solennellement pour l’ouverture immédiate de négociations visant à consolider et développer les garanties collectives et le pouvoir d’achat des salariés, rappelant en toute logique leur revendication que soient abrogés tous les dispositifs légaux qui dans la dernière période ont constitué une attaque tous azimuts contre ces garanties.

13% de la population active Auboise est au chômage

Ici comme ailleurs, il suffit de regarder la réalité du tissu économique pour mesurer à quel point le mot d’ordre défense des garanties collectives n’a rien d’une incantation mais exprime un besoin de plus en plus vital, dans un contexte économique fortement dégradé.

Fin 2017, le taux de chômage a explosé dans le département de l’Aube, atteignant près de 13% de la population active (34 600 demandeurs d’emplois toutes catégories confondues).

Un hôpital public à l’agonie faute de moyens, des entreprises qui ferment, d’autres qui déménagent… Le département voit sa situation se dégrader au fil des années. Les délégués ont également condamné la réforme territoriale qui a contribué à sa désertification et conduit à la disparition de services publics de proximité et de qualité.

Soutien à la perspective d’une action centralisée, nationale et interprofessionnelle et aux cheminots

Dans ce contexte, les délégués ont conclu leurs travaux en réaffirmant leur soutien à la perspective d’une action centralisée, nationale interprofessionnelle […] sur des revendications claires, et ont mandaté l’Union départementale pour traiter des relations avec les autres syndicats sur cette base.

Sans attendre, ils ont également mandaté l’union départementale pour prendre toute initiative pour un soutien concret et actif aux cheminots en grève et appelé l’ensemble des syndicats à organiser concrètement cette solidarité, l’enjeu étant de soutenir les cheminots pour qu’ils portent l’estocade qui donnera une issue positive à ce conflit.