Auchan Retail France : les menaces sur l’emploi se précisent

Emploi et Salaires par Elie Hiesse, journaliste L’inFO militante

© Pascal SITTLER/REA

Les syndicats dont FO étaient convoqués à trois comités sociaux et économiques (CSE) le 14 janvier. Au cœur de ces réunions, le plan de suppressions d’emplois redouté de tous.

L ’année débute dans une douloureuse expectative pour les 50 000 salariés d’Auchan Retail France, informés par la presse le 30 décembre dernier de la préparation d’un plan de départs d’au moins un millier de salariés. Et le calendrier s’accélère. Le 7 janvier, les syndicats de l’enseigne nordiste, détenue par la famille Mulliez, ont été convoqués à trois comités sociaux et économiques, prévus le 14 janvier et ayant pour thème nébuleux « Un point sur la situation de l’entreprise et ses projets ». Cette convocation a été reçue au lendemain de réunions bilatérales peu fructueuses entre les syndicats et la direction.

Aucune information concrète n’a été délivrée en amont par la direction. Elle respecte la priorité à donner aux instances représentatives du personnel, notait Carole Desiano, secrétaire fédérale chargée, au sein de la FGTA-FO, de la grande distribution.

FO réclame pour chacun une solution négociée collectivement

Rien de rassurant toutefois et quels que soient les éléments qui seront présentés, la priorité pour FO est la défense de l’emploi et de l’employabilité, a martelé Carole Desiano, exigeant une solution négociée collectivement pour chaque salarié impacté par cette restructuration.

Des suppressions dans les services support

Ce 14 janvier, c’est donc la suppression de 677 postes qui est annoncée, dont 652 occupés. En parallèle, 135 postes seraient créés. Au final, ce sont 517 postes qui seront supprimés. Ils concerneront les salariés du siège et des services support, mais aucun en magasin.

Un prochain CSE extraordinaire se réunira le 28 janvier.

Le deuxième groupe de distribution français, qui maintient le modèle – en crise – des hypermarchés, est en difficulté depuis 2018. Au printemps 2019 il a engagé un plan dit de redressement, avec la mise en vente de vingt et un sites (700 à 800 salariés concernés). Fin août, il annonçait viser des économies de coûts de 1,1 milliard d’euros en année pleine d’ici à 2022.

 

Hypermarché sans caissière : Casino recule devant la mobilisation en Haute-Loire

Finalement, l’hypermarché Géant Casino de Vals-près-Le Puy (Haute-Loire) a fermé ses portes dimanche 5 janvier à 13h. Le groupe a renoncé à ouvrir avec des caisses automatiques, avec la présence exclusive des vigiles, ainsi qu’il l’avait tenté mi-décembre. Ce recul de la direction est une première dans le groupe, et une grande satisfaction pour les salariés, souligne Michelle Leyre, déléguée FO, membre de l’intersyndicale créée pour défendre l’emploi. C’est une suspension provisoire pour continuer le dialogue avec les délégués syndicaux, se défend la direction. Pour elle, cette décision ne modifie pas l’expérimentation […] sur les ouvertures en mode automatique : 123 magasins concernés le 5 janvier, dont une quinzaine d’hypers. Sauf à Vals-près-Le Puy. Le personnel a réussi à sensibiliser les élus et la population. Il faut continuer, note Pascal Samouth pour l’UD FO.

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