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Aviation civile : une rentabilité hautement toxique

Événement par  Valérie Forgeront

Les moteurs des avions à réaction seraient responsables de la toxicité de l’air diffusé dans les cabines. © Laurent GRANDGUILLOT/REA

L’aérotoxicité renvoie au problème de la rentabilité demandée aux avions au sein des compagnies, indique le SNPNC FO. Certes, les appareils (durée de vie de vingt-cinq ans) ont des moteurs qui doivent être révisés après 30 000 heures de vol et les constructeurs font des recommandations de maintenance. Toutefois, la pression de la rentabilité est énorme et le développement des compagnies à bas coûts a exacerbé le problème. Immobiliser un avion 48 heures pour une révision complète et un nettoyage du circuit d’air cela a un coût, indique Stéphane Pasqualini. Les révisions ne sont donc pas « forcément » réalisées dans les délais, souligne un pilote. Or précise-t-il, plus un moteur vieillit, plus il consomme de l’huile.

Neuf, un moteur consomme environ deux litres d’huile par jour. Âgé, cela peut aller jusqu’à 8 à 9 litres. Norme acceptée par Airbus par exemple, indique cet instructeur sur Airbus.

Les petits moyens du bord

Tant que rien d’anormal n’est détecté sur le moteur, la maintenance ajoute tout simplement de l’huile chaque jour. Autant dire une quantité invraisemblable d’éléments toxiques susceptibles d’infiltrer l’air de la cabine ! En cas d’incident toxique, s’ils s’en rendent compte à temps, les pilotes disposent d’un masque à oxygène. Les PNC disposent eux d’une cagoule, laquelle n’est efficace que pendant un quart d’heure et que les personnels n’osent pas enfiler devant les passagers qui, de leur côté, n’ont aucune protection efficace, s’irrite Stéphane Pasqualini.

 

Zoom : La lutte s’organise sur le plan international
Le GCAQE (Global cabin air quality executive) est une association internationale de lanceurs d’alerte composée de syndicats de navigants ou encore de scientifiques. Elle répertorie les événements aérotoxiques, développe l’information et la recherche, indique Stéphane Pasqualini. Le SNPNC FO, membre à part entière, y participe, de même qu’à l’Association des victimes du syndrome aérotoxique (AVSA), basée en France, laquelle archive aussi les incidents d’aérotoxicité et apporte des conseils, y compris juridiques, aux personnes impactées. Sur le plan européen, FO, qui est membre de l’association des personnels de cabine EurECCA, participe aussi à un groupe (Cen TC 436) qui identifie les particules toxiques […]. Une vingtaine initialement, soixante-dix répertoriées à ce jour . C’est grâce à de telles associations que des universitaires viennent de créer des tests capillaires et sanguins, ainsi que des lingettes capables de déceler les particules toxiques en cause.

 Valérie Forgeront Journaliste à L’inFO militante

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