Communiqué de FO

Chômage : augmentation toutes catégories confondues, et explosion des « trappes de précarité »

, Michel Beaugas

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Les chiffres du nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi en janvier 2017 viennent de paraître. Au total, pour toute la France – DOM incluses – et toutes catégories confondues, on recense ce mois 6,5784 millions de personnes inscrites à Pôle emploi. Sur un mois, le nombre de demandeurs d’emplois a donc sensiblement augmenté.

Le nombre de demandeurs d’emplois inscrits en catégorie A (tenues de rechercher un emploi et sans activité) a légèrement augmenté sur un mois (+800 personnes) en s’établissant à 3 467 900. Ce sont encore et toujours les plus de 50 ans (+2,8% sur l’année) qui sont le plus impactés par cette augmentation.

Par ailleurs, le nombre d’inscrits en activité partielle longue (catégorie C : +78 heures travaillées dans le mois) augmente +5,1% sur un mois, +6,8% sur l’année. Ceci confirme une précarisation durable dans l’emploi (+6,2% sur l’année pour les catégories B et C). La légère baisse des demandeurs d’emploi en catégorie B est en réalité largement rattrapée par l’augmentation des demandeurs d’emploi en catégorie C (respectivement, sur trois mois, -9 100 personnes contre +43 200 personnes inscrites). Là encore, les plus de 50 ans sont les plus touchés avec une hausse de 1,2 % d’inscrits sur le mois et de 11,7% sur l’année.

Cette tendance est symptomatique d’une explosion des contrats très courts (de moins d’un mois), passés de 1,6 million à plus de 4 millions depuis le début des années 2000. Dans le même temps, des études du CEE (Centre d’études de l’emploi) ont établi que sur les 2 millions de salariés en activité réduite, seuls 8% accèdent à un CDI ! Pour 30% d’entre eux, c’est le retour à une absence complète d’activité professionnelle. Les effets de l’activité réduite sur le taux d’emploi à 6 ou 12 mois sont nuls.

Alors que les négociations sur l’assurance chômage ont repris et dans un contexte de forte augmentation de l’activité partielle, des contrats courts et d’une précarisation croissante pour tous les salariés, il y a nécessité de protéger ces populations, notamment des seniors, FO rappelle ses revendications :

  • Mise en place d’un système de bonus/malus sur les contrats courts ;
  • Préservation des droits des demandeurs d’emploi seniors ;
  • Maintien du calcul du salaire journalier de référence pour le calcul de l’allocation de retour à l’emploi, notamment pour les salariés précaires.

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Michel Beaugas

Secrétaire confédéral - Secteur Emploi - Chômage - Formation


Emploi - Assurance chômage - Formation professionnelle - Travail Temporaire


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Éphéméride

13 décembre 1980

État de guerre en Pologne
Parties des chantiers navals de la Baltique en août 1980, les revendications ouvrières vont déferler sur la Pologne, finissant, après moult rebondissements, par affaiblir le régime communiste. Les ouvriers polonais ont une longue tradition de luttes. Ils se sont déjà révoltés en 1956, 1968 et en (...)

Parties des chantiers navals de la Baltique en août 1980, les revendications ouvrières vont déferler sur la Pologne, finissant, après moult rebondissements, par affaiblir le régime communiste.

Les ouvriers polonais ont une longue tradition de luttes. Ils se sont déjà révoltés en 1956, 1968 et en 1970, lorsque, à Szczecin la grève paralyse les chantiers navals et qu’un comité de grève est élu démocratiquement avec à sa tête Edmund Baluka.

En juillet 1980, des grèves éclatent dans tout le pays suite à l’augmentation de 100% du prix de la viande. Mais l’étincelle vient d’un fait beaucoup plus mineur. Le 13 août, Anna Walentynowicz, une syndicaliste est licenciée des chantiers navals Lénine de Gdansk. Le lendemain, les 16.000 ouvriers débrayent, demandant la réintégration de l’ouvrière et une augmentation de 130 francs par mois.

Le 16 août, tous les ports de la Baltique sont touchés et un comité de grève interentreprises (MKS) est fondé. Les transports en commun entrent à leur tour dans la danse. Le patron du parti communiste polonais, Edward Gierek, annonce le 20 août quelques « réformettes » économiques et en même temps fait arrêter une vingtaine de dissidents. La grève générale touche alors tout le pays. Affolé, le pouvoir négocie avec le leader du MKS, un électromécanicien de 37 ans ayant déjà fait ses classes dans les grèves de 1970 : Lech Walesa, renvoyé en janvier 1980 pour fait de grève.

Débordé, le gouvernement cède. Les fameux accords de Gdansk sont signés le 31 août. Pour la première fois dans le bloc communiste, des syndicats indépendants sont reconnus. Solidarnosc, Solidarité rurale et l’Association indépendante des étudiants compteront dix millions d’adhérents à la fin de l’année.Face à ce raz-de-marée, Edward Gierek passe à la trappe en septembre et le général Jaruzelski devient Premier ministre en février 1981. Moscou, à l’époque d’un brejnévisme vieillissant, mise sur ce général aux lunettes noires et fait parvenir le 4 mars à Varsovie le message suivant :« Il faut renverser le cours des événements ».

Le premier congrès de Solidarnosc, réuni à Gdansk, du 5 au 10 septembre et du 26 septembre au 7 octobre, exige des élections libres. L’agence soviétique Tass parle alors« d’orgie anti-soviétique ». Jaruzelski confirme sa position en prenant la tête du parti le 2 octobre. Contrairement à ce qu’il racontera ensuite pour se dédouaner, Jaruzelski déclare l’état de guerre, sur ordre de Moscou, le 13 décembre 1981. Solidarnosc est décapité ; Walesa est en résidence surveillée puis en prison. Les communistes pensent avoir remporté la partie. Erreur, une direction clandestine, la TKK, est mise sur pied et organise efficacement une société parallèle bénéficiant de l’aide des syndicats libres de l’occident dont FO, qui d’ailleurs portera plainte auprès du Bureau international du travail contre l’interdiction officielle de Solidarnosc en octobre 1982.

L’avènement du gorbatchévisme, la pression américaine et l’exceptionnelle résistancede la population obligent legénéral Jaruzelski à composer. Entre février et avril 1989, une table ronde réunit pouvoir et opposition. Aux élections semi-libres de juin, Solidarnosc obtient 161 sièges à la Diète. Peu après, le symbole de Gdansk, Lech Walesa, est élu président de la République. Mais alors commence une autre histoire...