Communication : chez Kantar SAS, la mobilisation paye

Rémunération par Clarisse Josselin

Les salariés ont massivement débrayé le 30 mars pour exiger la reprise des négociations salariales et dénoncer la politique de rentabilité à outrance. Ils ont obtenu une hausse générale de 35 euros minimum et une augmentation individuelle pouvant aller jusqu’à 2,8 %.

C’était le premier appel à débrayer dans l’histoire de Kantar SAS, entreprise spécialisée dans les études de marché. Et l’alliance FO-CGC, majoritaire, a été suivie par des centaines de salariés sur les sites de Puteaux et Chambourcy, en région parisienne.

À l’issue des NAO, la direction avait proposé unilatéralement une hausse individuelle au mérite de 1,8 %. Après un courrier adressé par le syndicat FO au directeur monde, cette augmentation est montée à 2,2 %. Les délégués syndicaux y ont vu une gifle pour les 1 200 salariés de l’entreprise.

Car la maison mère, WPP, numéro un mondial de la communication, a enregistré l’an dernier une hausse de 20 % de son bénéfice net. Quant à son président, il s’est octroyé une rémunération de 84 millions de livres en 2015.

Première augmentation générale en quinze ans

La société est prospère mais elle cherche à faire des économies sur la masse salariale, dénonce Christine Guillou, déléguée FO. Il y a des licenciements économiques, l’externalisation de services, des mutualisations, personne n’est à l’abri. Les conditions de travail se dégradent et tout le monde est sur les nerfs.

Face à la mobilisation, la direction a proposé de rouvrir les négociations dans l’après-midi. Les syndicats ont obtenu une garantie de 35 euros pour tous, dans le cadre d’une augmentation au mérite pouvant aller jusqu’à 2,8 % pour les salaires inférieurs à 2 000 euros et 2,2 % pour les autres. On aurait aimé aller plus loin, mais on risquait de tout perdre et c’est quand même la première augmentation générale depuis quinze ans, souligne FO. 

Clarisse Josselin Journaliste à L’inFO militante

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