Corps et biens : si Schengen explosait ?

Revue de presse par  Michel Pourcelot

Vague de migrants, attentats... La presse n’a pas manqué d’arguments pour passer au crible l’espace de Schengen.

Challenges
La fluidité, et non pas la mobilité, est brandie : « Mais à quoi va ressembler cette Union, si la seule chose qu’elle sait exercer en commun, ce sont les condoléances et les marches de soutien ? Où est passée la fluidité qui nous fait tant rêver, s’il faut désormais un passeport pour rallier Bruxelles-Midi à la Gare du Nord ? ». Alors que « la première liberté, voulue et concrétisée par l’Union européenne, c’est celle de se déplacer ». A quel prix ?

Le Républicain Lorrain
En parlant de prix : « L’arrivée massive de migrants en Europe pose chaque jour la question de l’abandon de l’espace Schengen. Sauf que l’impact financier d’une telle mesure n’était pas précisément connu. France stratégie, un organisme de réflexion proche du gouvernement, s’est penché sur ce problème. Conclusion : le rétablissement des frontières au sein de l’Union européenne "se traduirait par un coût économique annuel pour la France de 1 à 2 milliards d’euros, à court terme, et de 10 milliards d’euros à plus long terme" ».

Libération
« Paris réclame également un renforcement des contrôles aux frontières extérieures de l’espace Schengen ». Augmenter les dépenses publiques en Grèce ?

La Nouvelle République
Aux antipodes, certains questionnent : « L’Europe est-elle la première responsable de ses maux ? C’est le point de vue (un peu éloigné) du Premier ministre australien, Malcolm Turnbull qui a estimé mercredi que l’Union européenne avait, avec les accords de libre circulation signés à Schengen (1985 puis 1990), "laissé la sécurité lui échapper". La question de "frontières extérieures très poreuses" n’a rien arrangé ». Le fait d’avoir surtout privilégié l’espace économique libéral non plus.

La Provence
Outre-Atlantique, « l’ex-secrétaire d’État et candidate à la Maison Blanche Hillary Clinton a vivement critiqué les pays membres de l’Union européenne aujourd’hui pour la désorganisation et les retards de leur réponse aux menaces djihadistes. (...) En matière militaire, elle a appelé les Européens à "partager le fardeau" avec les États-Unis ». Qui y sont pour quelque chose dans tout cela ? Une question disparue corps et biens. Sans doute avec pertes et profits.

 Michel Pourcelot Journaliste à L’inFO militante

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