Portrait

Démontrer aux salariés qu’on est plus fort quand on se mobilise

, Clarisse Josselin

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Entré comme vernisseur chez le fabricant de bateaux Bénéteau en 1999, Sébastien Coulon-Febvre, 41 ans, assume désormais ses mandats à plein temps (DS, DP, CHSCT, CE). Après une grève très suivie, lui et ses collègues viennent de remporter une belle victoire sur les salaires.

« Malgré un savoir-faire artisanal et une image familiale, nous sommes devenus une entreprise comme une autre », regrette Sébastien. La société SPBI, qui regroupe les marques Bénéteau et Janneau, emploie 3 000 salariés.

Lors des NAO, entamées mi-mai, la direction a proposé une augmentation de 0,3 %, alors que les dividendes sont en hausse de 14 %. FO, troisième syndicat avec une représentativité de 22 %, a appelé en intersyndicale les salariés à la grève les 9 et 10 juin.

« La dernière remontait à 2007, ce n’est pas dans les mœurs », reconnaît-il. Pourtant, sur l’ensemble des sites de Vendée la mobilisation a atteint 90 %. Sous la pression, la direction a lâché sans conditions une augmentation générale de 1,5 %.

Lutter contre la production à flux tendu

« On a pu démontrer aux salariés qu’on est plus fort quand on se mobilise, se réjouit Sébastien. Mais c’est aussi la preuve que tout le monde est à bout. La nouvelle organisation du travail en lean manufacturing m’inquiète, il y a de plus en plus d’arrêts de travail. »

Le directeur de la production vient du sous-traitant automobile Faurecia. « Il n’a pas bien compris que chez nous, ce n’est pas possible d’aller au-delà de 25 % d’automatisation, poursuit-il. Pour faire le travail, il faut qu’un homme aille sous la coque du bateau. Il faut aussi de la considération, dire bonjour et merci. » -