EDF : Mimosa amer pour les salariés

Article inFO militante par Michel Pourcelot, journaliste L’inFO militante

Laurent GRANDGUILLOT/REA

Un sévère plan d’économies a été annoncé par la direction d’EDF le 30 juillet 2020. Les actionnaires toucheront les mêmes dividendes que l’an dernier tandis que les salariés, eux, devront faire face à des baisses d’effectifs, s’est indigné FO.

Réduire ses charges opérationnelles de 500 millions d’euros entre 2019 et 2022 et engager pour environ 3 milliards de nouvelles cessions d’ici à 2022. Tel est pour l’essentiel le plan d’économies, répondant au doux nom de Mimosa, présenté le 30 juillet par EDF et dont quelques éléments avaient été esquissés début juillet. Objectif : un rééquilibrage financier sur 3 ans et une absorption des pertes dues à la crise sanitaire (-8% de consommation). Moyens : baisse des charges opérationnelles (dues à l’activité de l’entreprise) de 500 millions d’euros entre 2019 et 2022, limitation des investissements à 15 milliards par an et plan de cession d’actifs de 3 milliards d’euros sur 2020-2022.

Personnel pas remerciés, les actionnaires confortés

Et bien sûr le personnel en fera les frais : Nous allons réguler les effectifs du groupe en ne procédant pas au remplacement de tous les départs et en facilitant la mobilité des salariés vers les activités à plus fort potentiel pour ceux qui seraient dans des activités à plus faible potentiel, a expliqué le patron du groupe. Une variable qu’EDF ne manque jamais d’utiliser, ayant supprimé des milliers de postes ces dernières années.
Il n’y aura certes pas de licenciements secs mais les non-remplacements annoncés vont accroître les charges de travail. Les salariés, qui ont assuré la continuité du service public pendant la crise sanitaire, ne sont guère remerciés, tandis que les actionnaires ne sont pas mis à contribution, en recevant les mêmes dividendes que l’an dernier, a immédiatement réagi la Fédération FO de l’énergie et des mines (FNEM-FO), le 30 juillet. Elle a dénoncé le fait qu’ils soient exonérés, eux, de tout effort, l’objectif d’un versement de 45 à 50 % du résultat net courant restant inchangé de 2020 à 2022. Pour elle, si l’État [actionnaire à plus de 80%] prendra ses dividendes en actions en 2020 et 2021, cela reste des dividendes. Toujours ce même deux poids, deux mesures !.

Des résultats positifs grâce au personnel, souligne FO

Contrairement à ce que les média, pour la plupart, avancent spectaculairement, la situation d’EDF ne s’est pas tant détériorée que ça. Le résultat net courant est positif et s’établit à 1,267 milliard d’euros, a souligné la FNEM FO, qui précise que la consommation est aujourd’hui revenue à la normale. FO tient à souligner que, dans un contexte très difficile, ces résultats positifs — bien qu’affectés par l’épidémie — sont à mettre à l’actif du personnel qui a œuvré dans ses différents métiers pour assurer avec professionnalisme la continuité du service public de l’électricité, a ajouté le secrétaire général de la FNEM-FO, Vincent Hernandez.
Quant à l’excédent brut d’exploitation (Ebitda), il ne recule que de 2% à 8,2 milliards d’euros, sur la période, et ce malgré un impact négatif de 1 milliard lié à la crise sanitaire, qui a frappé le groupe dans ses différents métiers. Les fameux 700 millions de pertes nettes avancés ne sont qu’une variation de la valorisation des actifs financiers que le groupe possède en vue d’échéances à plus ou moins long terme.

Pour la FNEM-FO, d’autres solutions existent

Néanmoins la situation d’endettement de l’entreprise est tendue, estime la FNEM-FO, notamment parce que le gouvernement a chargé la mule. Il a notammentimposé à EDF de financer sur ses fonds propres HPC [la centrale Hinckley Point, en Angleterre. NDRL] et de reprendre Areva NP.
D’autres solutions existent pour améliorer la situation d’EDF estime la FNEM-FO, qui prévient : cela ne doit pas être un prétexte pour nous imposer le démantèlement d’EDF à travers le projet Hercule ou autre, que FO rejette avec force. Pour elle, EDF doit avoir sa part dans le plan de relance que doit annoncer le gouvernement début septembre. C’est même une « nécessité absolue », EDF qui devant financer 15 milliards d’euros d’investissements par an, lesquels bénéficient directement à l’économie française et au maintien d’un mix électrique bas-carbone.

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