L’emploi des jeunes est l’un des sujets abordés le 5 décembre, lors de l’ouverture de la Conférence Travail-Emploi-Retraites. S’exprimant à ce propos, FO a notamment insisté sur l’impératif de tirer vers le haut l’emploi qualifié, avec des formations de qualité et des salaires attractifs. L’emploi des jeunes constitue par ailleurs un des dossiers inscrits à l’agenda autonome bâti entre organisations syndicales et patronales. Les jeunes sont en effet au cœur des préoccupations sur l’emploi. Et pour cause, ils sont les premiers à pâtir d’un marché de l’emploi actuellement en difficulté. Selon les chiffres de l’Insee publiés le 13 novembre, au troisième trimestre 2025, le taux d’emploi des 15-24 ans était seulement de 34,7 %, soit quasiment au même niveau qu’au troisième trimestre 2024. Lorsque les jeunes trouvent du travail, il est aussi plus précaire : en 2024, selon une autre étude de l’Insee portant sur « La photographie du marché du travail », seuls 41,6 % des 15-24 ans en emploi étaient en CDI, contre 76,1 % pour les 25 ans ou plus. Et 11,1 % des 15-24 ans avaient un CDD de plus de trois mois, contre 5,7 % pour les salariés de 25 à 49 ans. Les jeunes sont aussi la première population concernée par le temps partiel (22 %) et le sous-emploi (6,9 %). Ils sont aussi les premiers touchés par la pauvreté : 10,2 % des 18-29 ans vivaient en 2023 sous le seuil de pauvreté, fixé à 60 % du niveau de vie médian (soit 1 288 euros par mois).
15 % des jeunes en emploi se sentent déclassés
En outre, le sentiment de déclassement professionnel s’installe chez les jeunes qui sont en emploi. Une étude de l’Insee, datée du 23 septembre, s’est penchée sur ce phénomène : en 2024, parmi les 7,6 millions de personnes de 15 à 34 ans en emploi, 83 % considéraient que leur emploi correspondait à leurs compétences, mais 15 % d’entre eux s’estimaient déclassés, occupant un emploi inférieur à leurs compétences. L’étude montre que ce ressenti varie selon les catégories socioprofessionnelles : s’il atteint peu les jeunes cadres (10 %), un quart des jeunes employés et des ouvriers peu qualifiés s’estiment déclassés. Le diplôme ne garantit plus forcément un emploi à la hauteur, notamment pour les niveaux intermédiaires : en 2024, presque 20 % des diplômés de bac+2 à bac+4 disaient occuper un emploi en deçà de leurs compétences, selon l’Insee.
