Être jeunes en 2015 : être précaire !

Newsletter FO Jeunes - Connexion n°1 par FO Jeunes

Article publié dans le Dossier FO Jeunes
Connexion n°1
Téléchargez la newsletter au format PDF - 2.2 Mo

De nos jours, jeune rime avec précaire. Personne ne le conteste plus. C’est presque une rengaine et l’on ne compte plus les appels de diverses organisations, dont Force Ouvrière, à lutter contre.

Le taux de chômage : 23%

L’objet de ce papier n’est pas de t’ennuyer, cher lecteur, toi qui peut-être vis cette situation, la redoutes ou la connais trop bien par l’intermédiaire d’un proche. Non, l’objet de cet article, c’est de dire à ceux qui se sentent fragiles dans leur emploi, qui ne savent pas où ils seront dans 3 semaines et s’ils retrouveront un emploi rapidement, ceux qui pensent aux démarches Pôle emploi qu’il va falloir recommencer ou qui triment sans savoir s’ils seront renouvelés, de leur dire qu’il existe un collectif dans lequel on peut se sentir plus fort. Un collectif dans lequel on peut s’exprimer tout en étant protégé. Ce collectif, c’est le syndicat.

Bien entendu, le syndicat ne peut pas faire de miracle. Mais il garantit qu’il n’y ait pas d’abus, que chacun soit bien défendu, tout en réclamant au niveau national que les employeurs embauchent avant tout en CDI.

2,9 fois plus au chômage

Le contrat de travail est caractérisé par trois composantes : le travail, sa contrepartie, c’est-àdire sa rémunération, et le lien de subordination (devoir du salarié de se confirmer aux instructions de l’employeur).

Ces trois composantes s’équilibrent lorsque l’employeur garantit au salarié la stabilité de son emploi.

Initialement, une entreprise n’est autre que le regroupement de travailleurs qui acceptent une subordination contre une rémunération stable et garantie dans le temps. Et pour ce faire, l’employeur développe une stratégie d’entreprise et innove tant sur le produit que sur son procédé de création.

Bien sûr, la réalité est différente : la concentration des moyens financiers sur quelques personnes, le chômage et la concurrence à l’embauche ont malmené ce contrat social originel. Ces inégalités dans la relation de travail transforment la subordination en soumission. Autrement dit, le pouvoir de l’employeur empiète sur le droit du salarié. Cette situation, source de souffrance, crée un climat explosif, basé sur une situation d’injustice.

29 ans, l’âge moyen du premier CDI

Pourtant, au XXIe siècle, on prend encore certains employeurs à rêver, avec nostalgie, de cette époque où le « boss » venait recruter des ouvriers triés sur le volet pour la journée – notons au passage que cette pratique reste une réalité dans l’économie informelle, en forte croissance du fait du chômage élevé, notamment chez les jeunes. C’est ainsi qu’ils revendiquent la fin du CDI et la généralisation du CDD de projet.

Toute l’amoralité de telles revendications patronales, au-delà de leur passéisme, tient dans leur volonté d’exploiter la faiblesse et la division des travailleurs, dans le mépris le plus total de tout équilibre. Elles réduisent le rôle de l’employeur à celui d’un rentier : une personne qui loue le travail qu’elle possède via son carnet d’adresses tout en se rémunérant sur le travail des autres.

53% des jeunes salariés sont en emploi précaire

Jusqu’ici, un CDD ne pouvait être renouvelé qu’une seule fois, dans une limite, renouvellement compris, de 18 mois. Malgré ces règles, nombre d’employeurs trouvent le moyen de réembaucher un travailleur en CDD en modifiant légèrement l’intitulé de son poste.

En juin 2015, le gouvernement a consenti au patronat, via le projet de loi Macron, à permettre un second renouvellement de CDD, toujours dans la limite de 18 mois. Ainsi, parions-le, les employeurs exploiteront cette possibilité pour réduire encore un peu plus la durée des CDD, en proposant par exemple 3 CDD de 6 mois plutôt que 2 de 9 mois. Dans cette histoire, le salarié perdra, lui, 3 mois de visibilité sur son avenir…

Pour toutes ces raisons, FO Jeunes revendique :
 Une taxation plus forte des contrats courts, sans dérogation.
 Une limitation du nombre de CDD dans l’entreprise avec un système de bonus/malus.
 Qu’un contrôle plus strict soit fait par l’administration, suite à un droit d’alerte du comité d’entreprise ou non, sur les entreprises qui utilisent les CDD comme des périodes d’essai :

  • pour identifier ces situations, plusieurs indicateurs devraient être présentés en CE, comme le taux d’embauche à l’issue d’une période d’essai par exemple ;
  • ce contrôle doit naturellement être assorti de sanctions dissuasives en cas d’abus constatés de la part des entreprises.

 L’encadrement du recours à l’intérim (volume représenté dans l’entreprise, nombre de missions intérimaires)
 La limitation des cas de prolongation de l’intérim.

Plus dans le Dossier FO Jeunes
Tous les articles du dossier

Rassemblement FO Jeunes le 3 décembre 2015

Communiqué de FO

Depuis des années, FO Jeunes travaille pour faciliter le contact entre les jeunes salariés et le syndicalisme Force Ouvrière. Analyses, états des lieux de la jeunesse, réflexions syndicales, FO Jeunes regroupe des jeunes syndicalistes pour garantir au quotidien, dans l’action Force Ouvrière sur le (...)

La jeunesse a bon dos !

Newsletter FO Jeunes - Connexion n°0 par FO Jeunes

On ne peut pas tout dire. On ne peut pas dire tout et son contraire. On ne peut pas utiliser un mot pour un autre. On peut jouer avec mais pas sur les mots. Car ce qui est vrai pour les mots l’est pour les idées. A trop manier l’hypocrisie et la langue de bois, les responsables politiques perdent les électeurs qui, désorientés, sont tentés par le populisme d’extrême droite et ses simplismes qui brillent comme un phare.

Objectif : + 10 % de jeunes syndiqués

Entre Militants par Mathieu Lapprand

Plus de cent cinquante jeunes syndicalistes de FO, réunis à la Bourse du travail à Paris le 3 décembre, ont échangé sur leurs pratiques, leurs problèmes et les solutions qu’ils ont pu y apporter.