Communiqué de FO

Force Ouvrière dit non aux violences faites aux femmes

, Anne Baltazar, Secteur Égalité professionnelle

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En France, une femme sur 10 est victime de violences et, tous les 2,7 jours, une femme meurt sous les coups de son compagnon ou ex-compagnon.

Face à ce triste constat, Force Ouvrière s’associe à la journée du 25 novembre, journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes de l’ONU, soutenue par la CSI (Confédération Internationale des Syndicats).

En effet, les violences faites aux femmes ne peuvent être tolérées et la lutte contre celles-ci doit être renforcée. Cela passe notamment par la consolidation des dispositifs de prévention et de protection des victimes mais aussi par une amélioration du dispositif légal. L’information et la communication sur le sujet sont des outils tout aussi importants pour cette lutte (numéro vert, documentation, connaissance des recours possibles…).

Mais les violences faites aux femmes ne s’arrêtent pas aux portes de l’entreprise et peuvent prendre des formes diverses : violences physiques (coups et blessures en raison du sexe, agression sexuelle…) et/ou mentales (sexisme, injures en raison du sexe, harcèlement sexuel et/ou moral…).

Ainsi, 80% des femmes salariées considèrent être régulièrement confrontées à des attitudes sexistes. Plus précisément, 1 femme sur 5 a dû faire face à une situation de harcèlement sur son lieu de travail, 1 femme sur 7 a déjà subi des attouchements ou tentatives d’attouchement au travail.

Pour Force Ouvrière, tous les salarié(e)s ont droit à la santé, y compris les femmes. L’employeur ayant une obligation de sécurité, Force Ouvrière revendique son respect et se félicite de l’intégration de l’interdiction des agissements sexistes dans le règlement intérieur qui fait droit à sa revendication dans ce sens.

Voir en ligne : CSI (Confédération Internationale des Syndicats)

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Sur les auteurs

Anne Baltazar

Secrétaire confédérale - Secteur Égalité professionnelle - Économie sociale - Logement


Egalité professionnelle - Economie sociale - Logement social - Handicap


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Éphéméride

21 novembre 1831

La révolte des Canuts
Le célèbre mouvement qui, en imposant un « tarif » pour le travail fit naître, en quelque sorte, le Smic, un salaire garanti. La crise économique nationale et régionale, liée à la révolution de 1830, va entraîner les ouvriers lyonnais dans un mouvement revendicatif purement social, précurseur sur de (...)

Le célèbre mouvement qui, en imposant un « tarif » pour le travail fit naître, en quelque sorte, le Smic, un salaire garanti. 

La crise économique nationale et régionale, liée à la révolution de 1830, va entraîner les ouvriers lyonnais dans un mouvement revendicatif purement social, précurseur sur de nombreux points. 

Au début du XIXe siècle, l’économie lyonnaise reste largement dominée par la soierie. Mais la concurrence internationale et la transformation de l’économie locale dès 1827 entraînent un appauvrissement général de la population. Le salaire des ouvriers de la soie, les fameux Canuts, tombe à dix-huit sous pour quinze heures de travail journalier. Cette situation n’est guère appréciée par ces ouvriers spécialisés, largement en avance dans l’organisation de leurs droits. Dès 1811, ils obtiennent un tarif minimum. En 1826, ils disposent déjà de leur propre société de secours mutuel. La révolution de 1830 va les électriser. 

Le 27 juillet 1830, les ouvriers parisiens se révoltent contre les dernières ordonnances de Charles X. Le drapeau tricolore devient l’emblème des insurgés des trois glorieuses, immortalisées par Victor Hugo dans"Les Misérables". La chute des Bourbons crée une véritable onde de choc. Bruxelles et Varsovie se révoltent en août et novembre 1830. 

Lyon n’y échappe pas. Le 18 octobre 1831, les chefs d’atelier des soieries demandent au préfet du Rhône, Bouvier-Dumolart, de réinstaurer un tarif minimum. Le 25, six mille Canuts, chefs d’atelier et compagnons-ouvriers, manifestent pour soutenir leur revendication. Le jour même, le préfet accepte. Une commission patrons-ouvriers entérine le tarif. Mais une minorité d’une centaine de fabricants refuse ce tarif, arguant d’une baisse des ventes. 

L’agitation reprend alors et les ouvriers-compagnons, eux aussi organisés, débordent les chefs d’atelier. Le 21 novembre 1831, les premières barricades s’élèvent dans le quartier de la Croix Rousse. La Monarchie de Juillet y envoie la police et les gardes nationaux, mais parmi ces derniers se trouvent nombre de chefs d’atelier. C’est ainsi que neuf cents gardes nationaux passent au côté des insurgés. Le 22 novembre, la Croix Rousse et la Guillotière sont aux mains des ouvriers qui brandissent un drapeau noir où est brodée la devise"Vivre en travaillant ou mourir en combattant". Le 23, les autorités quittent la ville alors que les agitateurs républicains tentent de récupérer le mouvement. 

À l’unanimité les Canuts refusent cette intrusion du politique dans le social. Leur bannière est noire comme leur peine et non tricolore. Le 24 novembre, le préfet, qui avait obtenu le tarif, donc respecté par les Canuts, rétablit le calme. Mais le nouveau roi, Louis-Philippe, ne l’entend pas de la même oreille. Ce "Roi des Français" et non plus "Roi de France" envoie vingt mille soldats dans la capitale des Gaules, sous la conduite du maréchal Soult. Ce dernier désarme la population, licencie la garde nationale, révoque le préfet, abroge le tarif du 25 octobre.La révolte ouvrière des Canuts est brisée et il faudra attendre 1848 pour revoir pareil mouvement social. Cinq mois plus tard vingt mille Parisiens meurent lors d’une épidémie de choléra.