Médias

France TV : FO appelle à la grève contre le licenciement d’un journaliste

, Clarisse Josselin

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De gauche à droite : Bruno Demange (représentant syndical FO au CCE France Télévisions), Eric Vial (Secrétaire national FO Médias), Jean-Marc Pitte (grand reporter à France 3 Normandie) et François Ormain (Délégué syndical central FO France télévisions).
Photo : F. Blanc (CC BY-NC 2.0)

Les quatre syndicats représentatifs de France Télévisions invitent les salariés à se mobiliser le 4 avril 2018. Ils dénoncent le licenciement de l’ancien grand reporter Jean-Marc Pitte sans motifs valables selon eux et des méthodes managériales intolérables.

L’ensemble des salariés de France Télévisions sont appelés à faire grève le 4 avril 2018 en soutien au journaliste Marc Pitte. Le syndicat FO les encourage aussi - surtout s’ils passent à l’antenne - à porter un badge «  Non au licenciement de Pitte ».

Cet ancien grand reporter de guerre, désormais rattaché à la rédaction de France 3 Normandie pour des raisons familiales, a été licencié sans ménagement mi-février après 30 ans de maison. Les syndicats FO, SNJ, CFDT et CGT dénoncent dans un préavis de grève commun « l’absence de motifs valables  » et exigent de la direction l’annulation de son licenciement.

«  Il lui est reproché une infraction au code de la route, qui n’a pas même pas été verbalisée, explique Éric Vial, délégué syndical central FO. Il a poussé une barrière pour aller plus vite sur un événement et la société d’autoroute l’a signalé à la rédaction de France 3. On lui dit qu’il nuit à l’image de l’entreprise. » Autre reproche «  ubuesque » selon les syndicats, une « controverse avec son rédacteur en chef  ».

Dénoncer la violence managériale

Fin mars, les syndicats ont proposé à la direction de lever le préavis si elle acceptait de recourir à une médiation, comme le prévoit la convention collective des journalistes. Ils ont essuyé un refus.

« Ce licenciement est d’une injustice criante et il est révélateur du climat ambiant, poursuit Éric Vial. On peut penser que c’est une affaire de journalistes mais ça va au-delà. Des secrétaires, des personnels administratifs et des techniciens m’appellent, ils vont se mettre en grève pour dénoncer la violence managériale. »

Cette unité syndicale, qui ne s’était pas vue depuis plusieurs années dans le groupe France Télévisions, révèle la profondeur du malaise. «  Le licenciement de Jean-Marc Pitte est une violence sociale, menaçante pour tous les salarié‑e-s, écrivent les organisations dans le préavis de grève. Ces méthodes de management sont intolérables dans notre entreprise de service public. »

Éric Vial voit aussi dans ce licenciement un effet du contrat d’objectifs et de moyens, qui prévoit la suppression de 500 postes en équivalent temps plein à l’horizon 2020. «  Aujourd’hui, toutes les excuses sont bonnes pour licencier, poursuit-il. Et les ordonnances Macron permettent de le faire et de savoir à l’avance combien ça va coûter en cas de condamnation. C‘est une injustice à tous les niveaux, financée avec l’argent des contribuables. »