Hercule est mort ? Vive… ?

Fédération FO Energie par Énergie et Mines

Communiqué de FO Energie

Parole de ministre, le projet de démantèlement d’EDF baptisé Hercule, le gouvernement ne veut plus en parler !

Projet avorté grâce à l’action conjointe des Organisations syndicales, des élus locaux de la Nation en 2019 et 2021 et la mobilisation forte des salariés.

Bruno Le Maire a eu l’occasion de le rappeler lors de sa visite à la centrale nucléaire de Penly la semaine dernière à l’adresse des salariés inquiets - à raison - de leur devenir : Hercule est abandonné. Que les choses soient claires, nous avons travaillé dessus, nous avons vu que cela ne correspondait pas aux attentes de l’entreprise (…).

Toute la chaine décisionnaire tient ce même discours en passant du ministère de l’Économie, à celui de l’Écologie et, bien entendu de Matignon ainsi qu’à l’Assemblée nationale en réponse notamment aux propos récents du député Philippe BRUN qui pourrait déposer un projet visant à renationaliser EDF et qui s’appuie sur la découverte d’une note confidentielle, opération baptisée OPUS, mise en œuvre d’un passage à 100 % de l’État au capital d’EDF en date du 27 juin 2022, juste après l’annonce de « nationalisation » d’Élisabeth Borne.

Depuis, les démentis s’enchaînent, mais que croire ? Des interventions des pouvoirs publics visant toutes à rassurer ?

À ce jour, rien ne formalise officiellement l’abandon d’Hercule rebaptisé « Grand EDF », OPUS !

D’ailleurs, rien n’évoque la feuille de route de notre nouveau P-DG. Et c’est bien là que le bât blesse. Aucun plan d’affaire à 12 mois n’a été formulé avec l’OPAS auprès de l’AMF !

Au passage, si véritablement, le groupe est découpé par la suite, cela pourrait entrainer une hausse de la valeur de l’action et donc encore plus d’argent à débourser par l’État pour acquérir les actions « minoritaires ».

Il aurait été décidément bien plus simple de réellement nationaliser le groupe EDF par la loi.

Quel est l’intérêt économique de l’État de détenir EDF à 100 % non nationalisée ? Pour quelle raison conserver le statut de Société Anonyme ? Pourquoi ne pas avoir recapitalisé en conséquence le groupe qui est fortement endetté et avec un besoin d’investissement massif devant lui pour gagner le pari de la transition énergétique ?

Si l’ambition est véritablement de devenir un champion du nucléaire, des barrages hydrauliques et des énergies renouvelables, il nous faut de la synergie et demeurer un vrai groupe intégré y compris avec la Distribution, la Commercialisation et le Transport. C’est ce qui fait notre singularité et notre atout industriel compétitif face aux enjeux de la Transition énergétique.

FO estime qu’il faut conforter la garantie d’un contrat social identique à tous les salariés qu’ils soient, comme nous avons pu l’entendre au ministère, dans le « stock » (salariés déjà dans l’entreprise) ou dans le « flux » des nouvelles arrivées. Le statut du Personnel est bien vecteur de l’attractivité de l’emploi aux IEG, et d’une logique sociale et industrielle de qualité pour un service public de qualité.

Hercule est Mort, vive le Pôle Public Nationalisé de l’Énergie décarbonée !

Énergie et Mines Secrétaire général

Sur le même sujet

Non à la découpe d’EDF

Service Public par Énergie et Mines

La presse spécule régulièrement et, en dernier lieu, le Canard Enchaîné d’aujourd’hui, sur la volonté du président de la République de couper EDF en trois morceaux, en isolant le nucléaire du reste de l’entreprise.

Énergie : nouvelle journée de grève le 14 mars

Mobilisation par Evelyne Salamero

Une semaine après la grève du 7 mars, aussi fortement suivie, voire plus à certains endroits, notamment à EDF, que celle du 31 janvier dernier, FO et les quatre autres fédérations de l’Énergie (CGT, CGC, CFDT, CFTC), ont décidé d’appeler les électriciens et gaziers à une nouvelle journée « entreprises mortes » mardi 14 mars.