L’éditorial du Secrétaire général de FO

J.-C. Mailly : « L’austérité fragilise le respect des principes républicains »

, Jean-Claude Mailly

Recommander cette page

Photographie : F. Blanc / FO Hebdo - CC BY-NC 2.0

Trois fédérations FO ont tenu leur congrès la semaine dernière : l’Action sociale, les Finances et l’Éducation-Culture, congrès auxquels j’ai participé.

Elles ont, comme notre récent Comité confédéral national, appuyé le comportement de la confédération, en particulier par rapport à la loi Travail, sur notre attachement aux valeurs républicaines et sur le respect de la liberté de comportement et de l’indépendance syndicale.

Dans les trois congrès, les militant(e)s ont aussi mis l’accent sur les questions de pouvoir d’achat, d’emploi, de restriction du service public et de dégradation importante des conditions de travail.

Comme nous ne cessons de le répéter, ce sont là les conséquences des politiques économiques et sociales d’austérité menées en Europe et dans chacun des pays membres.

Ces politiques laissent la main libre aux marchés financiers, favorisent la rente et les dividendes, pénalisent l’activité économique et, en France, fragilisent le respect des principes républicains.

Tordre le cou à ces politiques économiques est de plus en plus une nécessité économique, sociale et démocratique.

Le président de la République a tort, dans une interview la semaine dernière à L’Obs, de dire que lors de son arrivée à l’Élysée le pacte budgétaire européen était déjà signé.

Il avait en effet toujours la possibilité de demander sa renégociation, et ce, d’autant plus qu’il est passé plus tard au Parlement.

De fait, à cette époque, la France, deuxième puissance de la zone euro, était attendue par plusieurs pays et leur a en quelque sorte fait faux bond.

Nous ne commenterons pas les autres éléments de l’interview ni le livre d’entretiens publié par deux journalistes, qui fait couler beaucoup d’encre et suscite de nombreuses réactions.

Mais s’agissant de la loi Travail, nous confirmons que c’est une loi contraire aux intérêts des salariés et à l’application des valeurs républicaines, s’exprimant notamment depuis 1936 par le principe de faveur.

Nous ne sommes pas masochistes. Si cette loi était une loi de progrès social, nous la soutiendrions.

Sauf que c’est une loi de régression, raison pour laquelle nous demandons son abrogation. 

A propos de cet article

Sur l’auteur

Sur le même sujet

Vidéos sur le même sujet

Mots-clés associés

En complément

Newsletter - Éditoriaux

Abonnez-vous à la lettre d’information « Éditoriaux du Secrétaire général de FO »

Agenda

Tous les événements à venir

  • Jeudi 19 juillet de 12h00 à 12h35

    RMC
    Pascal Pavageau sera l’invité de l’émission « Les Grandes Gueules – Le Grand Oral (...)
  • Jeudi 19 juillet de 14h30 à 14h45

    France 24
    Pascal Pavageau sera l’invité de l’émission « L’invité de l’éco ».

Éphéméride

18 juillet 1863

Naissance de Georges Yvetot
Naissance de Georges Yvetot, syndicaliste révolutionnaire, une des figures représentatives de la confédération générale du travail, avant la première guerre mondiale. Ouvrier typographe, il milita d’abord dans le mouvement coopératif, puis sous l’influence de Pelloutier, il devient un des animateurs les (...)

Naissance de Georges Yvetot, syndicaliste révolutionnaire, une des figures représentatives de la confédération générale du travail, avant la première guerre mondiale. Ouvrier typographe, il milita d’abord dans le mouvement coopératif, puis sous l’influence de Pelloutier, il devient un des animateurs les plus passionnés et les plus résolus du syndicalisme libertaire. Après la mort de Fernand Pelloutier, il dirigea la Fédération des Bourses, dans la conception révolutionnaire de son maître. Dans ses articles virulents de La Voix du Peuple, et dans ses brochures, intitulées : L’ABC syndicaliste et Manuel du Soldat, Yvetot préconisa la grève générale t l’action directe pour une révolution sociale qui abolit radicalement la propriété individuelle et le système capitaliste de la production. Au Congrès de Bourges de 1904, il défendit l’indépendance syndicale et combattit la collaboration avec les partis politiques. Pour sa propagande antimilitariste acharnée et irréductible, il fut souvent poursuivi par les gouvernements et emprisonné à la Santé et à Clairvaux. Pour son intransigeance doctrinale et pour sa réputation de vouloir « mordre » ses ennemis, on l’avait surnommé le « bouledogue » de la CGT. Yvetot fut un exemple de courage, de désintéressement, de modestie et de loyauté et comme disait Marcel Sembat, lors d’un procès d’Yvetot à Nantes, lorsqu’il fut condamné à quatre ans de prison pour agitation antimilitariste, « c’est un militant ardent et sincère, d’une grande droiture d’âme, au langage vif et châtié ».