Kévin Bastien, adhérer, ça donne plus de poids au syndicat

Entre Militants par Clarisse Josselin, L’Info Militante

Kévin Bastien, 48 ans, est secrétaire général du SNEFIE-FO, qui représente les personnels de l’agence Erasmus+ France/Education & Formation, chargée de gérer en France le programme européen de mobilité à l’étranger. Parmi ses priorités, lutter contre la précarité des contractuels et défendre les conditions de travail, notamment face au « flex office ».

Kévin Bastien se destinait à une carrière scientifique mais ses années de surveillant en collège lui ont fait préférer l’Éducation nationale. Il passe les concours et devient en 2001 secrétaire administratif. Affecté au Groupement d’intérêt public (GIP), créé en 2000 pour mettre en œuvre pour la France les programmes européens d’échanges, il quitte la région parisienne lorsque les bureaux déménagent à Bordeaux en 2003.

Le GIP permet de regrouper dans une seule structure des personnels qui jusqu’alors étaient rattachés à différents ministères selon le public visé : scolaires, étudiants, apprentis, jeunes travailleurs…

 Au début, le GIP n’avait aucune obligation en matière de représentation du personnel, souligne Kévin, passé par la comptabilité puis les services généraux. Les premières élections professionnelles sont organisées en 2014. Avec des collègues, il décide de monter une liste.

Un collègue avait un contact à FO, nous avons tout de suite eu le soutien de la fédération FNEC-FO puis de l’UD de Gironde, explique-t-il. Non seulement l’étiquette FO nous a apporté une légitimité, mais les valeurs d’indépendance de FO nous allaient bien. C’était fédérateur pour des gens d’horizons et de statuts différents (fonctionnaires et contractuels). Puis en 2016, l’équipe crée le Syndicat National Education Formation International Europe (SNEFIE-FO).

80 % de contractuels

L’une de ses priorités, lutter contre la précarité. Les budgets européens sont en hausse, comme l’activité de l’agence. Les effectifs, cent cinquante personnes actuellement, augmentent en moyenne de six postes par an. Les contractuels représentent 80 % des personnels.

Nous sommes un laboratoire de ce que le gouvernement souhaite mettre en place dans l’Éducation nationale, prévient le militant, et nous nous y opposons aux côtés de la FNEC FP-FO. On se bat pour un vrai statut pour les contractuels, avec des contrats en CDI pour tous et les mêmes droits que les fonctionnaires.

Autre axe, les conditions de travail. Dans la négociation sur le télétravail achevée à l’été 2021, le syndicat a gagné sur ses principales revendications : éligibilité de tous les personnels, maintien des tickets resto, indemnité télétravail… Mais en même temps la direction a présenté un projet de réorganisation des bureaux en flex office, sans poste de travail fixe pour bon nombre de collègues. Le SNEFIE-FO a rendu un avis négatif en CHSCT. Nous avons déménagé en 2018 et les locaux sont déjà trop petits, explique Kévin. Ce projet de flex office repose uniquement sur une logique immobilière. À court terme les agents seront obligés de faire du télétravail, alors que c’est réglementairement sur la base du volontariat.

Ancien responsable des achats, Kévin est désormais responsable des infrastructures, tout en assumant ses heures de délégation. Il siège dans les instances de la FNEC FP-FO et aimerait s’investir encore plus syndicalement. Mon père était représentant syndical, ma mère travaillait à l’UD, cet engagement est une fibre familiale, poursuit-il. Une implication qu’il souhaiterait susciter chez les salariés : On doit leur faire comprendre qu’adhérer, ça donne plus de poids au syndicat et que c’est important d’avoir un syndicat fort.

Clarisse Josselin Journaliste à L’inFO militante

L’Info Militante

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