La réforme du collège ne passe toujours pas

Rentrée par Evelyne Salamero

Photo : F. Blanc - CC BY-NC 2.

En organisant la journée de mobilisation de ce 8 septembre, les six organisations syndicales opposées à la réforme du collège, à commencer par FO, ont voulu faire passer un message clair et rapide au gouvernement en cette rentrée scolaire : elles n’ont pas lâché le morceau et continuent de revendiquer l’abrogation de la réforme du collège.

« Nous manifestons aujourd’hui pour réaffirmer que nos organisations syndicales n’acceptent toujours pas une réforme que nos collègues, mais aussi les élèves, subissent de plein fouet » expliquait Jacques Paris, secrétaire général du syndicat national des Lycées et collèges, quelques minutes avant le départ de la manifestation parisienne.

Des programmes différents d’un collège à un autre et une demi-année d’enseignement disciplinaire en moins sur quatre ans

FO, précise-t-il, « n’accepte pas que les horaires et les contenus des programmes puissent varier d’un établissement à un autre, ce qui crée des inégalités. On veut nous imposer des programmes définis localement comme on veut imposer un droit du travail différent d’une entreprise à une autre. C’est d’ailleurs pourquoi nous appelons aussi à manifester le 15 septembre pour l’abrogation de la loi El Khomri. Nous n’acceptons pas non plus que le temps consacré à l’enseignement disciplinaire diminue d’une demi-année au total sur les quatre années de collège ».

Une enseignante explique : « l’autonomie des établissements, ça veut dire par exemple que dans certains collèges les élèves auront 3 heures d’Histoire–Géo en 3e et dans d’autres 3 heures et demi ».

FO refuse également le « sacrifice de l’enseignement des langues anciennes et la fermeture de nombreuses classes bi-langues ».

60 élèves de plus, 2 classes en moins

Théoriquement la réforme est censée s’appliquer depuis le 1er septembre. Mais, en pratique, les choses ne sont pas aussi simples, du fait de la résistance de nombreux enseignants et de la complexité de la réforme.

« Théoriquement, explique Jacques Paris, un prof de sixième doit s’être concerté avec ses collègues du premier degré pour savoir ce qui a été enseigné en CM2 , mais aussi avec ses collègues de 5e, 4e et 3e pour savoir ce qui sera enseigné durant ces années. La réforme permet en effet que le nombre d’heures global consacré à chaque matière ne soit plus fixé nationalement pour chaque niveau de classe, mais qu’il soit réparti sur l’ensemble du cycle (jusqu’à la fin de la 3e) par le conseil d’administration du collège ».

Le contexte dans lequel arrive cette réforme n’arrange rien.

Le manque d’effectifs est criant. Une enseignante du département des Yvelines témoigne : « Au collège Jean Jaurès de Poissy nous avons cette année 60 élèves de plus et deux classes de moins. Je me retrouve avec une classe de 4e à 32, c’est du jamais vu ».

« Najat, la banlieue, regarde la dans les yeux », pouvait-on lire sur une pancarte. En fin de manifestation parisienne, une délégation devait être reçue au ministère. L’affaire n’est pas close.

Evelyne Salamero Journaliste à L’inFO militante

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