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Les instituts nationaux pour jeunes sourds et jeunes aveugles en danger

, Françoise Lambert

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Mobilisation des personnels des instituts nationaux de jeunes sourds et de jeunes aveugles, en septembre 2016.

FO dénonce une réduction des subventions accordées par l’État aux Instituts nationaux de jeunes sourds et de jeunes aveugles (INJ). Les enseignants et les éducateurs spécialisés qui y travaillent sont inquiets, les jeunes et leurs familles aussi. Les syndicats envisagent une mobilisation.

Les personnels des Instituts nationaux de jeunes sourds et de jeunes aveugles (INJ) et leur syndicat FO s’alarment pour l’avenir de leurs établissements publics d’enseignement spécialisés, après de nouvelles coupes budgétaires et des annonces du gouvernement.

Nous avons appris récemment, dans les conseils d’administration des instituts, la baisse, dès janvier 2018, de la subvention octroyée par l’État, dans le but de financer l’augmentation de l’AAH, l’Allocation aux adultes handicapés, indique Laure Beyret, secrétaire générale adjointe du Syndicat national des personnels des affaires sanitaires et sociales FO (SNPASS-FO) en charge des établissements publics.

S’il est tout à fait louable de financer l’AAH, il est contestable de la financer en enlevant des budgets à l’enseignement de jeunes en situation de handicap., ajoute la jeune femme.

Dégradation des conditions d’accueil en vue

Le syndicat FO estime que les réductions de budget sont de l’ordre de 13% en moyenne dans chaque établissement. Il s’alarme des conséquences des restrictions sur les conditions d’enseignement et les conditions d’accueil des jeunes de 3 à 20 ans qui fréquentent les INJ.

Si le ministère des Affaires sociales, notre ministère de tutelle, persiste dans cette voie, la viabilité même de nos établissements spécialisés sera menacée, alerte Laure Beyret, qui est aussi secrétaire de la section syndicale FO à l’Institut des jeunes sourds de Paris.

Une école plus inclusive

Certaines mesures pour une école plus inclusive, annoncées par Jean Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale, et Sophie Cluzel, secrétaire d’État chargée des Personnes handicapées, à l’occasion de la journée internationale du handicap, le 4 décembre, n’ont pas rassuré les personnels des INJ.

Les ministres évoquent notamment la transformation des établissements médico-sociaux, ainsi qu’une mission d’inspection déjà en cours au sein des cinq instituts nationaux pour jeunes sourds et jeunes aveugles.

Garantir la qualité et le libre choix pour une scolarité adaptée

À FO, nous avons toujours défendu une inclusion scolaire de qualité des jeunes en situation de handicap, tout en permettant à ceux qui en ont besoin, d’avoir accès à une scolarité adaptée au sein des instituts spécialisés, explique Laure Beyret. Or, les orientations du gouvernement ne laissent entrevoir aucune garantie du maintien de la qualité et du libre choix pour la scolarisation des jeunes sourds, malentendants, aveugles et mal-voyants.

Les syndicats des INJ ont décidé de se réunir le 21 décembre pour discuter d’une mobilisation commune, avec des actions locales et une action nationale.

Ils s’étaient déjà mobilisés en septembre 2016, contre leur transfert vers les Agences régionales de santé. Ils avaient obtenu gain de cause, mais la concertation promise à l’époque n’a toujours pas eu lieu.

Mille cinq cents salariés, fonctionnaires d’État et contractuels de la fonction publique, travaillent dans les quatre instituts nationaux de jeunes sourds (Paris, Metz, Bordeaux et Chambéry) et au sein de l’institut national des jeunes aveugles de Paris.

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Françoise Lambert

Journaliste FO Hebdo - Santé - Retraite

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