Manifestation : les agents de la pénitentiaire demandent davantage d’effectifs

Emploi et Salaires par Valérie Forgeront

Les personnels de l’Administration pénitentiaire ont manifesté ce jeudi 22 octobre à Paris à l’appel de quatre syndicats dont FO Surveillance (SNP-FO) et FO Administratifs (SNJ-FO).

Après un point de rassemblement place du Châtelet, les manifestants se sont dirigés vers le ministère de la Justice, place Vendôme où une délégation syndicale a été reçue par la Garde des Sceaux.

Venus de la région parisienne mais aussi de province, les manifestants, notamment les militants FO, ont particulièrement fustigé le déficit de personnels dans les prisons. Pour FO, « il manque 2 500 poste » indiquait ainsi Emmanuel Gauthrin, le secrétaire général du SNP-FO.

Les nouvelles missions confiées à la pénitentiaire, telles les extractions judiciaires de détenus, se réalisent sans personnel supplémentaire insiste FO. « Même les établissements récemment construits manquent de personnels » explique Emmanuel Gauthrin.

Or, soulignent les syndicats FO, cette situation qui perdure depuis des années créée des problèmes de sécurité dans les établissements pénitentiaires. Elle conduit aussi à une forte dégradation des conditions de travail pour des agents de plus en plus « épuisés ».

Au cours de cette manifestation, des agents de surveillance et militants FO ont souligné leur quotidien de travail de plus en plus « fatiguant » et parfois « angoissant ». Dans le secteur de la pénitentiaire « le pourcentage de suicide est supérieur de 21% au-dessus de la moyenne nationale » remarque Emmanuel Gauthrin.

« On est fatigué »

Parmi les manifestants, Mickaël et Boris -venus pour l’un de la Centrale de Meaux, pour l’autre de Nanterre-, expliquent les rythmes de travail de plus en plus difficiles.
« J’effectue de plus en plus d’heures supplémentaires, de vingt à quatre-vingt heures par mois. Et il est difficile de les récupérer » indique Mickaël car « il n’y a pas assez de personnels et d’ailleurs de nombreux postes ne sont pas pourvus ».
Ainsi poursuit-il, à Meaux, « en comptant les postes non pourvus et les agents absents, il manque régulièrement entre trente et quatre-vingts agents sur un effectif de 180 ».

Boris acquiesce, vivant la même situation à Nanterre où l’établissement fonctionne avec une surpopulation pénitentiaire, près de 1000 détenus pour 600 places. « On est fatigué mais quand même rappelé régulièrement sur nos temps de repos ! » indique Boris.

Mickaël confie une anecdote qui résume la dureté du métier. « L’an dernier, nous avons reçu à Meaux quinze agents stagiaires sortant de la même promotion. Au bout d’une semaine, sept avaient déjà démissionné tant le travail est difficile ».

Valérie Forgeront Journaliste à L’inFO militante

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