Mayotte : Nous luttons toujours pour l’égalité réelle des droits

InFO militante par Elie Hiesse, L’Info Militante

Article publié dans le cadre de la campagne Elections Fonction publique
L’équipe de l’UD-FO de Mayotte (de gauche à droite) : Hamidou Madi M’Colo, trésorier, Zabibo Boura, membre du comité exécutif, Arkaddine Abdoul-Wassion, nouveau secrétaire général et Abdoul-Oihaby Mihidjay, secrétaire général adjoint. © F. BLANC

Du 12 au 16 septembre, une délégation de l’Union départementale FO de Mayotte a passé quatre jours au sein des structures confédérales, départementales et fédérales de l’organisation. Un temps dédié à la formation aux outils informatiques et de gestion documentaire, en prévision notamment de la campagne électorale dans la Fonction publique, et également assorti d’une immersion dans une union départementale et une fédération professionnelle.

Se former, pour mieux se structurer et ainsi fédérer les forces du public et du privé en prévision des campagnes électorales à mener, à commencer par celle dans la Fonction publique. C’est avec un objectif très précis que les membres de la commission exécutive de l’Union départementale (UD) FO de Mayotte ont abordé leur semaine de formations et de rencontres, organisée du 12 au 16 septembre, au sein des structures confédérales, départementales et fédérales de l’organisation.

Initiée à leur demande, celle-ci était axée sur les formations aux outils informatiques et de gestion documentaire, et intégrait une immersion dans le fonctionnement d’une Union départementale (l’UD FO d’Eure-et-Loir) et d’une fédération professionnelle (la FNEC FP-FO). Au-delà des formations, nous sommes venus chercher un soutien technique et logistique auprès de la confédération, et de toute l’organisation, pour aborder dans les meilleures conditions les élections de décembre, commentait Arkaddine Abdoul-Wassion, nouveau secrétaire général de l’UD-FO de Mayotte, élu le 18 mai dernier, et régulateur de bloc opératoire au Centre hospitalier de Mayotte (CHM).

Le militant était accompagné d’Abdoul-Oihaby Mihidjay, secrétaire général adjoint de l’UD, de Hamidou Madi M’Colo, trésorier de l’UD, ainsi que de Zabibo Boura, membre du comité exécutif.

Redevenir la première force syndicale à Mayotte

L’enjeu des élections du 1er au 8 décembre dans la Fonction publique est primordial sur l’île de l’Océan Indien, devenue 101e département français en mars 2011 : sur ce territoire de 374 km2 où vivent officiellement quelque 290 000 personnes (chiffre sans doute sous-estimé), la plupart des emplois relèvent du secteur public. FO est actuellement la première organisation dans la Fonction publique d’État, rappelait Hamidou Madi M’Colo, trésorier.

Mais les élections du 1er au 8 décembre ne sont qu’une première échéance. Le nouveau secrétaire général de l’UD, qui prône un fonctionnement collégial et l’esprit de camaraderie, s’est donné le temps d’un mandat, pour que FO redevienne la première force syndicale à Mayotte, tous secteurs confondus. Actuellement, elle est la deuxième organisation représentative à l’échelle du département d’Outre-Mer, avec 32,38% des voix (résultat qui la place à moins de 0,5 point de la première organisation). Selon l’Insee, Mayotte compterait au total quelque 42 000 salariés, entre les secteurs public et privé.

Obtenir l’égalité réelle

Dans ce contexte, la priorité est plus que jamais mise sur le développement de la syndicalisation, pour créer le rapport de force. La nouvelle équipe s’y est attelée, dès son élection. Depuis mai, sept syndicats d’entreprise FO se sont créés. D’autres créations sont attendues en octobre, appuie Arkaddine Abdoul-Wassion. Notamment dans le secteur bancaire, ajoute Abdoul-Oihaby Mihidjay, secrétaire général adjoint. Notre objectif est également de réactiver toutes les sections syndicales qui ont pu se mettre en veille, renchérit Hamidou Madi M’Colo, trésorier.

La syndicalisation se fait sur fond d’exaspération sociale. Onze ans après la départementalisation de l’île, le combat pour le respect de l’égalité républicaine reste de pleine actualité. Pour FO, qui défend l’amélioration des conditions de travail et du cadre de vie des salariés du public, du privé et des retraités, l’égalité réelle des droits passe par l’application de la totalité du Code du travail métropolitain (et du code de la sécurité sociale), des conventions collectives nationales de branche, du statut des fonctionnaires. Excepté dans quelques secteurs comme la Banque ou à la Sécurité sociale, les conventions collectives nationales ne sont pas appliquées. Nous luttons toujours pour l’égalité réelle des droits, résume Zabibo Boura, membre du comité exécutif.

Le 21 septembre, à la tribune du comité confédéral national/CCN de FO réuni au siège de la confédération à Paris, le secrétaire général de l’UD Arkaddine Abdoul-Wassion rappelait la situation sociale sur l’île. En cherchant dans un premier temps à la résumer dans une sorte de liste à la Prévert : je vous épargnerai les longs discours sur l’insécurité, les conditions de travail, les convergences des droits qui tardent à l’appliquer à Mayotte, la suractivité de l’hôpital, où se trouve une des plus grosses maternités d’Europe. Sujet on ne peut plus d’actualité sur l’ensemble du territoire français par la volonté de l’exécutif d’engager une réforme, le militant décidait de s’attarder sur la situation des retraites à Mayotte. On a une retraite où on ne perçoit que 884 euros par mois. Nous travaillons plus longtemps. Et une fois en retraite, la longévité est de cinq à dix ans maximum. N’est-ce pas une injustice ? Nous devons essayer de faire cesser cette inégalité sociale dans tous les départements d’outre-mer, pas seulement à Mayotte.

Elie Hiesse Journaliste à L’inFO militante

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