Conditions de travail - FO Hebdo

Nettoyage : la serpillère brûle chez Onet

, Evelyne Salamero

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Photographie : F. Blanc (CC BY-NC 2.0)

Depuis près d’un mois, 90% des salariés chargés du nettoyage des 75 gares SNCF du nord de l’Ile-de-France sont en grève, à l’appel notamment de FO. A plus de 300 kilomètres de là, en Moselle, des agents d’entretien de sites industriels et de grandes entreprises ont dû se mobiliser pour empêcher le licenciement de leur déléguée FO et se battent encore contre des cadences de travail insupportables. Tous ces salariés en colère ont un point commun : ils travaillent pour le groupe Onet

Les poubelles vont continuer à déborder et les papiers à joncher le sol dans les gares du nord de Paris. Ce 28 novembre au matin, comme chaque jour depuis trois semaines, les salariés de l’entreprise H. Reinier (groupe Onet) réunis en assemblée générale à la Gare Saint-Denis en région parisienne, ont voté la reconduction de leur grève.

Les raisons de la grève des agents de propreté dans les gares du nord de l’Ile-de-France

Ces salariés, un peu plus d’une centaine au total, qui assurent en temps normal la propreté de 75 gares dans le nord de Paris, revendiquent simplement que leur direction respecte la loi, à savoir qu’elle applique la convention collective du secteur d’activité à tous ses employés. À ce jour, 80% d’entre eux sont effectivement couverts par la convention collective de la manutention ferroviaire, mais près d’un quart d’entre eux dépendent de la convention collective du nettoyage de bureaux, moins favorable.

Les grévistes entendent également obtenir une revalorisation des primes vacances et panier, de façon à être alignés sur d’autres chantiers de la région Ile-de-France (Gare du Nord, Saint-Lazare, Versailles…) où les tarifs sont deux à trois fois supérieurs.

Actuellement, la prime panier des salariés H. Reinier ne dépasse pas le minimum conventionnel de 1,90 euros contre 4 à 6 euros ailleurs dans la région. Ils revendiquent aussi qu’elle soit appliquée à tous, y compris ceux qui travaillent à temps partiel (environ 40% de l’effectif).

Après trois semaines de grève, la direction cherche encore à gagner du temps…

Pour l’instant, le résultat des négociations apparaît bien maigre aux grévistes. La direction n’a accepté de rencontrer les syndicats qu’au terme de plus de deux semaines de grève, le 20 novembre et les a revus le 26 novembre. La direction a accepté le passage à la convention collective manutention ferroviaire, mais somme toute la loi l’y contraint déjà, et de plus elle veut le faire progressivement sur douze mois, alors qu’on peut le faire en deux heures !, explique Noreddine Toumi, secrétaire général du syndicat FO des personnels du nettoyage des trains et gares d’Ile-de-France (FO-PNTG).

Prime panier : 2,10 euros de plus en… 2019

La question des primes n’est pas davantage résolue. La direction a proposé de faire passer la prime panier à 2,30 euros (au lieu de 1,90 euros), puis –seulement en 2019– à 4 euros.

La prime panier et la prime vacances sont supérieures sur les autres chantiers de la région où il y a eu des conflits qui ont permis chaque fois d’améliorer le minimum conventionnel. Sur le nord de la région, c’est la première fois que cette revendication s’exprime et débouche sur une grève, commente Noreddine Toumi.

Les grévistes ont le soutien de la fédération FO des cheminots et bien sûr celui de leur propre fédération, la fédération FO de l’Équipement, environnement, transports et services (FEETS-FO). Pour celle-ci, les pouvoirs publics ne peuvent demeurer absents tant du côté du ministère des Transports qu’en ce qui concerne le donneur d’ordre : la SNCF. Selon la fédération FO, les uns et les autres portent une part de responsabilité dans ce conflit, notamment via l’intervention de la sureté ferroviaire et en facilitant l’introduction du personnel extérieur en lieu et place des grévistes.

En Moselle, Onet Services renonce à licencier la déléguée syndicale FO

Cette fois, l’histoire se déroule à Fameck, en Moselle et le premier chapitre se termine bien.

Au milieu des salariés et militants FO venus la soutenir, Hélène Azevedo (à gauche), déléguée syndicale FO chez Onet services à Fameck en Moselle et secrétaire générale du syndicat FO propreté du département.

Mise à pied à titre conservatoire –sans salaire– depuis le 17 novembre, Hélène Azevedo, déléguée syndicale FO de la société Onet Services et secrétaire générale du syndicat FO propreté de la Moselle, était menacée de licenciement, accusée notamment par la direction d’avoir accordé des éléments de rémunération indus à des salariés, en tant qu’assistante administrative chargée de la paie.

Lundi 27 novembre, alors que se déroulait l’entretien préalable au licenciement, une soixantaine de salariés, en majorité de FO mais pas seulement, se sont rassemblés devant le siège de l’entreprise pour soutenir la déléguée, aux côtés de l’Union départementale FO et de l’union locale FO de Thionville. Ils étaient deux fois plus nombreux que cinq jours auparavant, le 22 novembre, date prévue à l’origine pour l’entretien préalable mais reportée au 27 pour respecter la procédure.

Forte de ce soutien, et de sa propre détermination, Hélène Azevedo a été lavée de tout soupçon, ayant pu prouver éléments et documents incontestables à l’appui qu’elle n’avait jamais agi professionnellement sans consigne de sa hiérarchie et pu répondre point par point à tout ce qui lui était reproché.

Une victoire qui en appelle d’autres

Au final, après discussion avec le syndicat FO, la direction a annulé la procédure de licenciement, a renoncé à toutes poursuites disciplinaires, et s’est engagée à payer la période de mise à pied.

Mais comme l’explique Hélène Azevedo elle-même, cette question étant réglée, l’action du syndicat FO d’Onet Services va se poursuivre. Cadences de travail insupportables, réduction des effectifs, augmentation des heures de travail ou charge de travail accrue en un temps réduit, changements de chantiers (lieux de travail) arbitraires et imposés à la dernière minute… Ici aussi, les raisons du mécontentement s’accumulent.

 

Album Flickr ci-dessous, photographies : F. Blanc (CC BY-NC 2.0)
Salariés d'Onet en grève