Objectifs du développement durable : le programme établi jusqu’en 2030

International par Secteur Europe - International

La lettre électronique @ ctualités Europe – International n°30

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Sous l’égide des Nations Unies, les Objectifs du Millénaire du Développement étaient définis jusqu’en 2015. Ils avaient pour but entre autre d’éradiquer la pauvreté, d’améliorer l’accès à l’éducation de qualité ou encore aux soins de santé. Loin d’être atteints à la date butoir de 2015, les OMD devaient être redéfinis lors de l’Assemblée Générale des Nations Unies en septembre 2015 à New-York.

Les syndicats, au niveau national et au niveau international, ont fait valoir leurs revendications. Nationalement, FO a pris part aux réunions du Comité National de Développement et de Solidarité International, instance dans laquelle les politiques de développement du gouvernement français sont discutées. Internationalement, la Confédération Syndicale Internationale a participé aux négociations onusiennes et relayé les revendications de ses affiliés.

La CSI revendiquait deux objectifs distincts portant sur le travail décent -sur la base de l’Agenda du travail décent de l’OIT - et la protection sociale, participant ainsi à éradiquer la pauvreté dans le monde et luttant pour de meilleures conditions de travail et les droits du travail et syndicaux des salariés.

Aujourd’hui, sous l’effet de cette pression syndicale, les nouveaux objectifs, rebaptisés Objectifs de Développement Durable (ODD) puisqu’englobant également les questions environnementales, sont au nombre de dix-sept. L’ODD 8 porte sur « le travail décent et la croissance économique », insistant sur la nécessité de lier les deux. La question de la protection sociale se retrouve notamment dans l’ODD 3 « bonne santé et bien-être » et dans l’ODD 10 « inégalités réduites ». En effet, il n’est plus à démontrer l’effet redistributif de la protection sociale et donc son impact sur la réduction des inégalités.

Restent les questions du suivi et du financement. Afin d’assurer le suivi et la mise en œuvre par les États des ODD d’ici 2030, des négociations sont toujours en cours sur la création d’indicateurs permettant de quantifier les avancées des gouvernements dans les engagements pris à l’Assemblée Générale de septembre.

La CSI se dit aujourd’hui satisfaite de voir ses revendications en termes de travail décent et protection sociale reconnues dans ce nouvel agenda. Elle se félicite également de l’inscription d’autres ODD tels que l’ODD4 sur l’ « éducation de qualité », l’ODD 1 sur l’ « éradication de la pauvreté » ou encore l’ODD 5 sur l’ « égalité entre les sexes », entre autres. Toutefois, la CSI reste très inquiète sur la question du financement, qui était en débat au sommet d’Addis-Abeba en juillet cette année. Manquant de concret sur le financement de ces objectifs, la CSI dénonce notamment la place grandissante qu’a pris le secteur privé dans la question du financement du développement, notamment en revendiquant davantage de partenariats publics-privés. Ce sommet a également vu le clivage entre pays de l’OCDE et pays du G77, clivage dit « Nord-Sud », s’accentuer.

FO, aux côtés de la CSI, dénonce cette place croissante laissée au secteur privé dans le financement du développement qui doit rester du domaine public, via les aides publiques au développement, et sous contrôle des États.

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