Portrait

Onet : Quand on n’a que l’honneur

, Evelyne Salamero

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Quand la direction locale d’Onet (à Fameck, en Moselle) a tenté de licencier Hélène Azevedo pour une faute qu’elle n’avait pas commise, ses collègues l’ont vigoureusement défendue. Avec succès. Pas question pour eux de perdre cette syndicaliste tout terrain.

Hélène Azevedo, 50 ans, respire la joie de vivre. Avec fierté, elle explique être syndiquée depuis 2010 et avoir été désignée conseillère prud’homale FO à compter de ce mois de janvier 2018. Elle est aussi devenue trésorière adjointe de l’union locale de Thionville l’été dernier et s’enthousiasme de la solidarité interprofessionnelle qui y règne. Une solidarité exprimée haut et fort fin 2017, quand la direction locale du groupe de nettoyage Onet, où elle est employée comme secrétaire au service des ressources humaines, a tenté, en vain, de la licencier pour faute. Hélène n’avait rien à se reprocher, comme cela a été clairement démontré, sauf peut-être son dynamisme syndical et la création en 2015, avec le soutien de l’union départementale, d’un syndicat FO du nettoyage pour tout le département.

Je privilégie toujours la négociation, mais…

160 %

C’est la progression du syndicat FO du nettoyage en Moselle, créé en 2015 et passé de 50 à 130 adhérents.

Je l’ai toujours dit : je n’ai qu’une chose, c’est mon honneur, quand on le met en cause je me défends, confie-t-elle. Elle l’a fait avec le calme et la fermeté qu’elle cultive, avec aussi le soutien spontané de ses collègues qui, depuis des années, peuvent compter sur son aide pour faire valoir leurs droits, comprendre leur bulletin de paye, ou même leur avis d’imposition. Ils l’appellent souvent l’agent du bonheur. Une réputation qui la précède bien au-delà du siège social. D’assistante sociale, comme elle dit, elle est devenue une militante syndicale. Je privilégie toujours la négociation, explique Hélène. Les grèves, les prud’hommes… occasionnent toujours de la douleur pour les salariés. Si on peut en faire l’économie, c’est mieux pour tout le monde. Mais s’il faut y aller, on y va.