Pas de semaine, et cela d’autant plus depuis la crise des prix des énergies, sans que l’on évoque en France la « réindustrialisation », en recul en 2025. Se multiplient les initiatives de séduction à destination des entreprises, ainsi le septième sommet Choose France (créé par le président de la République pour vanter aux investisseurs étrangers les réformes faites en France pour l’attractivité du territoire), ou encore le salon Global Industrie, dit grand rassemblement annuel des forces vives de l’industrie
. Se multiplient aussi les déclarations gouvernementales, les rapports et études émanant de toutes parts : France Stratégie, Bpifrance, Direction générale des entreprises, Cour des comptes… Reste l’absence d’engagement d’une politique publique globale en faveur de la réindustrialisation. Ce que FO déplore.
L’urgence d’agir face aux menaces sur l’emploi industriel
La confédération, qui a lancé depuis décembre avec ses fédérations un cycle de travail sur la réindustrialisation, souligne l’urgence d’agir face aux menaces sur l’emploi industriel
. Les nombreux PSE ces derniers mois le démontrent. FO, qui rappelle régulièrement cette urgence, notamment lors des réunions du Conseil national de l’industrie (CNI), vient d’éditer un dépliant comptant quatorze propositions pour la réindustrialisation. Elle y réitère ses exigences, entre autres la conditionnalité des aides publiques, et un rôle stratégique de l’État. Le but est de réindustrialiser en conciliant performance économique, justice sociale et ancrage territorial
. Il s’agit de protéger l’emploi, de le développer. Ce qui ne peut que doper l’économie. Alors que le gouvernement révisait à la baisse, le 14 avril, sa prévision de croissance pour 2026, à 0,9 % contre 1 % initialement, que la consommation des ménages ― moteur de la croissance ― est déjà en berne (avec - 1,4 % en février en volume sur un mois), un plan complet de réindustrialisation urge. Pour l’instant, le Premier ministre a seulement annoncé le 1er avril que les surplus fiscaux dus à la hausse des prix des carburants serviraient au financement de la décarbonation. Le ministre des Comptes publics a lui apporté des bémols sur ce surplus, estimé pour mars à 270 millions d’euros (dont 120 millions en TVA). Nous avons d’ores et déjà 430 millions d’euros de coûts : 130 millions d’euros de dépenses de soutien
Le 14 avril, les services de Bercy indiquaient qu’un plan de mesures d’électrification dédié à l’industrie serait prochainement annoncé.
Valérie Forgeront
