Maltraitance
des retraités, décision « scandaleuse
: les unions départementales de retraités FO sont vent debout contre la désindexation des retraites de base prévue dans le PLFSS 2027. L’examen du texte a démarré le 20 octobre à l’Assemblée (il avait été rejeté en commission le 16 octobre). Le gouvernement entend mettre en effet particulièrement les retraités à contribution quant aux « efforts » pour le redressement des comptes de la Sécurité sociale. Parmi les nombreuses mesures décriées et touchant le secteur de la protection sociale, celle portant sur le gel partiel de certaines pensions de base. Visant ainsi une économie de quatre milliards d’euros, le gouvernement prévoit donc que les pensions de base ne soient pas toutes revalorisées comme il se doit en janvier 2027, contrairement aux dispositions du code de la Sécurité sociale. Ainsi, seuls les retraités qui perçoivent jusqu’à 1 260 euros par mois (complémentaire comprise) verraient leur pension de base revalorisée à hauteur de l’inflation, calculée sur les douze derniers mois. Au-delà, le gouvernement propose un gel ou au mieux une désindexation.
Les retraités ne sont pas une variable d’ajustement
La confédération s’oppose à cette mesure. Il est anormal qu’on demande aux retraités, qui ont cotisé toute leur vie, de faire un effort sur leur pension. Ils ne sont pas une variable d’ajustement budgétaire
dénonce Séverine Privat, secrétaire confédérale FO en charge des retraites, qui pointe un appauvrissement programmé des retraités. Et de rappeler l’initiative de l’Union confédérale des retraités FO (UCR FO dont elle est la secrétaire générale), qui a lancé une pétition ayant recueilli déjà 10 000 signatures (en ligne et par papier) : désindexer les pensions est contraire à la loi. C’est une mesure scandaleuse, qui va faire baisser le pouvoir d’achat des retraités
. L’UCR FO qui a déjà interpellé les députés, leur demandant dans un courrier de rejeter cette mesure rappelle que les retraités ne sont pas responsables du déficit public dénonce le projet d’une réduction drastique des dépenses sociales, ainsi celles afférentes aux pensions de base. Cela, note l’UCR, alors que chaque année, l’évasion fiscale est estimée entre 80 et 100 milliards d’euros, les exonérations de cotisations sociales s’élevant à près de 80 milliards d’euros
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L’abattement fiscal de 10 % également dans le viseur
Les retraités de la Fonction publique montent aussi au créneau contre le gel ou la désindexation des pensions. L’Union fédérale des retraités (UFR), rattachée à la FGF-FO, appelle les agents de l’État en retraite à se mobiliser pour combattre des mesures iniques
. Elle fustige cette mesure envisagée et impactante pour les retraités et fait, tout comme l’UCR FO, un comparatif. Rien n’est fait concernant les 211 milliards d’exonérations de cotisations sociales accordées aux entreprises (en 2023 et selon une commission d’enquête du Sénat, Ndlr), accordées sans aucune contrepartie. Rien n’est évoqué pour l’imposition des hauts revenus
. L’UFR FO qui demande le maintien de l’indexation des pensions à l’inflation demande aussi le maintien, et dans sa totalité, de l’abattement fiscal de 10 % sur l’impôt sur le revenu accordé aux retraités. Le gouvernement veut en effet réduire cet abattement. Le projet de loi de finances 2027 prévoit d’abaisser son plafond de 4 439 euros à 3 000 euros par foyer fiscal. La mesure a été retoquée par les députés le 15 octobre, lors de l’examen de la partie recettes du PLF 2027.
