Voilà des mois qu’une intersyndicale menée par FO proteste contre la suppression de 980 emplois ― via des reclassements, des départs volontaires ou des départs à la retraite anticipés ― sur les 4 500 que compte Thales Alenia Space (TAS) en France. Début juin, le fabricant de satellites a annoncé un ralentissement
de sa procédure jusqu’à mi-2026, mais non un véritable arrêt. Un début de rétropédalage que les salariés de TAS, où FO est le syndicat majoritaire, prennent comme une petite victoire, bien que 75 % des départs aient déjà eu lieu depuis un an et bien que 33 postes soient encore menacés.
La direction s’est rendu compte qu’on avait raison depuis le début,
En effet, si la branche spatiale du groupe Thales avait initialement tablé sur une baisse de la charge de travail, liée entre autres à la concurrence de l’américain SpaceX, les calculs se sont révélés mauvais. Ils ont enfin partiellement pris en compte les besoins de la constellation européenne et le retard de certains programmes,
Face à cette situation, les risques psychosociaux auxquels sont exposés les salariés de TAS n’ont fait que croître. Une enquête d’un cabinet de conseil, remise en septembre 2024, estimait que 13 % des travailleurs de l’entreprise souffraient d’épuisement professionnel. Le gros souci qu’on a aujourd’hui, c’est le manque de vision de l’avenir pour les salariés,
Vers un champion européen des satellites
Au niveau européen, les discussions se poursuivent sur l’opportunité d’opérer une fusion ou de créer un consortium entre les trois entreprises européennes : Thales Alenia Space, Airbus Defence and Space et Leonardo. En matière de souveraineté, si on ne veut pas être dépendants des Chinois ou des Américains, il nous faut un champion européen des satellites
, affirme Edwin Liard, secrétaire fédéral chez FO Métaux. Sans pour autant entraîner des pertes d’emplois ou de compétences.
