Toujours de nombreuses atteintes au droit du travail à travers le monde

InFO militante par Fanny Darcillon, L’Info Militante

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Le phénomène gagne du terrain selon la Confédération syndicale internationale (CSI) : les atteintes aux droits des travailleurs continuent de progresser dans le monde. En 2022, 113 pays ont interdit la création de syndicats ou limité le droit de s’y affilier, contre 106 en 2021, affirme la neuvième édition de l’Indice des droits dans le monde, établi par la CSI. Les pays où sont recensées des maltraitances physiques envers les travailleurs sont également plus nombreux : 50 au lieu de 45 un an plus tôt.

Si les pires régions du monde pour les salariés sont le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, l’Europe ne devrait pas se croire exempte de reproches : des maltraitances y ont été rapportées dans plus d’un quart des pays – ils n’étaient que 12 % en 2021. Selon la CSI, de nombreux employeurs et gouvernements profitent de l’instabilité provoquée par des crises telles que la pandémie de Covid-19, les conflits armés ou l’urgence climatique pour rogner les droits des travailleurs. Le monde a besoin d’un nouveau contrat social pour commencer à réparer ces dégâts. Fondamentalement, cela permettra de replacer les travailleurs au centre de l’économie, expose Sharan Burrow, ancienne secrétaire générale de la CSI.

Des avancées au Qatar...

Hong Kong, l’Iran, la Biélorussie : pour Branislav Rugani, secrétaire confédéral au secteur international, les sujets de préoccupation ne manquent pas lorsqu’on parle d’arrestations arbitraires de syndicalistes. Affirmant l’engagement constant de FO auprès de la CSI pour travailler à garantir les droits des travailleurs partout dans le monde, il souligne les limites auxquelles se heurtent les syndicats et même l’Organisation internationale du travail (OIT). Conjointement avec la CSI, l’OIT fait des courriers aux gouvernements, aux ambassades, saisit la justice... Mais Il faut souvent passer à l’échelon au-dessus : l’ONU.

Sur une question qui concentre aujourd’hui l’attention médiatique – celle des droits des travailleurs étrangers au Qatar, pays hôte de la Coupe du monde de football –, l’action conjointe des syndicats a produit des effets. FO a participé à une campagne de défense des droits des travailleurs pendant la construction des stades, dès qu’on a eu écho de la situation inhumaine dans laquelle ils travaillaient, relate Branislav Rugani.

Paradoxalement, le coup de projecteur donné sur les conditions de vie et de travail dramatiques sur ces chantiers a permis des avancées. En 2020, le Qatar a finalement fait passer des lois établissant le premier salaire minimum de la région et limitant l’emprise de l’esclavage moderne qu’y subissent les travailleurs immigrés. Bien trop tard pour sauver les milliers de vies perdues sur ces chantiers du fait de conditions inhumaines, mais à temps pour offrir un minimum de protection aux milliers de nouveaux salariés venus assurer l’accueil des fans.

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